Un ingrédient indispensable pour faire du compost de feuilles mortes

197 comments on Un ingrédient indispensable pour faire du compost de feuilles mortes

Il y a trois ans, j'avais publié un article qui racontait l'expérience suivante : Comment fabriquer du terreau de feuilles presque sans se fatiguer. Comme au final je n'avais pas obtenu ce que j'espérais, je n'avais jamais osé publier les résultats.

Si j'ai décidé de vous en reparler aujourd'hui, c'est parce que j'ai une bonne alternative à vous proposer.

Surprise au fond du sac

Deux sacs presque oubliés
Deux sacs presque oubliés
La transformation a eu lieu
La transformation a eu lieu

Alors qu'allons-nous trouver au fond de ces deux sacs au bout de trois ans ?

Le sac plein, lui, ne contenait finalement que du foin séché. Rien à voir avec ce qui nous intéresse donc.

Dans le sac presque vide, j'ai bien trouvé du terreau de feuilles. C'est le résultat de la décomposition des feuilles mortes. Et dire que le sac était bourré à craquer au démarrage de l'expérience !

Le terreau (ou compost) de feuilles que j'ai obtenu est certes d'excellente qualité mais je trouve la quantité ridicule par rapport au travail demandé. A peine de quoi remplir la moitié d'un seau !

Comment produire du compost de feuilles alors ?

Une forêt automnale (par Mathias Liebing)
Une forêt automnale (par Mathias Liebing)

Dans la forêt, la couche de feuilles mortes est assez fine. Elle s'est déposée sur le sol où elle est en contact avec de nombreux micro-organismes. Elle offre aussi une grande surface à la pluie. Ce qui explique que la décomposition des feuilles se fait en quelques mois seulement, durant l'hiver et le printemps.

Dans le jardin, ce n'est pas pareil. Le jardinier met les feuilles en forme de tas assez épais. L'eau et les micro-organismes ont du mal à atteindre le centre du tas.

Surtout quand les feuilles sont enfermées dans des sacs en plastique !!!

Mon tas de feuilles
Mon tas de feuilles

Maintenant, je stocke les feuilles mortes dans un tas entouré de grillage. C'est déjà mieux mais les feuilles mettent encore trop longtemps à se transformer en compost.

Heureusement nous pouvons agir sur quelques paramètres pour accélérer la décomposition :

  • Ne pas utiliser de feuilles trop coriaces (les feuilles de platane sont à éviter !).
  • Broyer les feuilles pour que la surface de contact avec les micro-organismes soit plus importante.
  • Placer le tas de feuilles mortes à l'air libre, à un endroit où il recevra bien la pluie.
  • Arroser le tas au jet d'eau s'il ne pleut pas assez.
  • Mélanger un peu de compost maison au tas de feuilles afin de l'ensemencer en micro-organismes.

Mais ce n'est pas tout.

Un ingrédient qui va tout changer

Vous avez peut-être entendu parler du rapport carbone-azote qui permet de juger la vitesse de décomposition de la matière. Si vous voulez une explication plus scientifique, je vous mets le lien vers l'article de Wikipedia : le rapport carbone sur azote.

Les feuilles mortes contiennent surtout du carbone. Pour permettre une décomposition plus rapide, nous allons rétablir l'équilibre en y mélangeant une plante très riche en azote. Vous avez deviné, c'est... l'ortie.

Des repousses d'orties en automne
Des repousses d'orties en automne
Mélanger moitié-moitié
Mélanger moitié-moitié

A cette époque de l'année, l'ortie n'est pas aussi vigoureuse qu'au printemps mais on arrive quand même à trouver des repousses d'automne (donc sans les graines qui sont à éviter car elles se ressèmeraient partout au potager).

Et si vous ne trouvez pas d'orties fraiches, vous pouvez arroser le tas de feuilles avec du purin d'orties si vous en avez gardé depuis le printemps. A mon avis, c'est encore plus efficace.

Et vous, que faites-vous avec vos feuilles mortes en ce moment ? Avez-vous des questions sur le sujet ? Je vous retrouve dans les commentaires ci-dessous !

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Réponses

Les commentaires :
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  1. Jean yves (Montreal,Qc,)

    A l’automne je remplis 2 bacs de 1 mètre cube avec les feuilles broyées avec tondeuse, comme la récolte des feuilles dure quelques semaines, les bacs sont arrosés et souvent remplis à ras bord. Au printemps j’ajoute la pelouse des premières tontes. . Au cours de l’été , je vide et remplis les deux bacs afin d’accélérer le procédé. Vers la fin août, avant la tombée des feuilles, alors que le résultat des 2 mètres cube tient dans 1 mètre cube, je crible à l’aide d’un tamis (grillage 15 x15 mm) le tout afin d’être prêt pour la nouvelle tombée de feuille. Cette année j’ai remplis environ 40 sacs de 15 - 20 litres, ainsi que 3 sacs de 20 litres de déchet ( branche, roches, noyau, plastique) les quels servent au remplissage. Les bacs sont fait avec des palettes ajourées en plastiques, avec un côté facile à ouvrir pour le vidage et brassage. il y a 2 ans j’ai pavé le fond afin de faciliter le travail. Cet automne j’ai ajouté une pellicule plastique au fond afin d’empêcher les radicelles d’érable de solidifier les premiers 20 cm du fond des bacs.

  2. pierre (MONT-sT-hILAIRE Province de Québec Canada)

    est-il possible de faire du compostage de surfaceautour d,une grande haie de cèdre, qui laisse tomber a chaque année des brindilles qui devraient rendre le sol plus acide. Merci. Pierre.

    1. nicolas

      Bonjour Pierre,
      C'est sans doute possible, mais si vous mettez un potager à côté de la haie, les racines des cèdres seront attirées par l'eau et vont venir remonter dans la terre du potager. C'est du vécu (pas avec des cèdres qui sont rares par chez nous !).

      Avatar de nicolas

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