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Faut-il encore bêcher la terre de son potager ?

65 commentaires sur Faut-il encore bêcher la terre de son potager ?

Chaque automne, lorsque les dernières récoltes sont terminées, de nombreux jardiniers ressortent leur bêche pour retourner la terre du potager. C'est une habitude qui se transmet depuis des générations : on bêche avant l'hiver pour que la terre soit prête à accueillir les légumes au printemps.

Mais aujourd'hui, de plus en plus de jardiniers ont abandonné cette pratique. Et leurs légumes poussent tout aussi bien, parfois même mieux !

Alors, faut-il vraiment continuer à bêcher ? Et si on décide d'arrêter, comment faire pour que la terre reste suffisamment meuble pour les futures cultures ?

Car finalement, la bonne question n'est peut-être pas de savoir s'il faut bêcher ou non, mais plutôt de comprendre ce dont notre terre a réellement besoin.

C'est ce que nous allons voir dans cet article. Et vous découvrirez que même si vous avez abandonné le bêchage depuis longtemps, il reste quelques subtilités intéressantes à connaître pour prendre soin de votre terre.

Pourquoi a-t-on pris l'habitude de bêcher le potager ?

Pendant longtemps, le bêchage a été considéré comme une étape incontournable de la préparation du potager.

Il faut dire que cette pratique répond à plusieurs objectifs.

Le premier, c'est d'ameublir la terre. En retournant les mottes, on obtient un sol moins compact dans lequel les racines des légumes pourront plus facilement se développer.

Le bêchage permet aussi d'enfouir les mauvaises herbes et les restes des cultures précédentes. On fait ainsi place nette pour les prochains légumes.

Autre intérêt traditionnel : incorporer le fumier ou le compost en profondeur, pour enrichir la terre.

Enfin, dans les régions où les hivers sont froids, on conseille souvent de bêcher à l'automne en laissant de grosses mottes à la surface. Le gel et le dégel vont contribuer à les fragmenter, ce qui facilitera la préparation du sol au printemps. (mais les longues périodes de gel se font rares avec le réchauffement climatique...)

Tous ces objectifs sont compréhensibles. Et il faut reconnaître que le bêchage donne un résultat immédiatement visible : une terre retournée, décompactée en apparence, qui semble prête pour une nouvelle saison.

Le problème, c'est que ce résultat à court terme ne signifie pas forcément que l'on a amélioré la terre sur le long terme.

Bêchage Sol

Pourquoi retourner la terre peut faire plus de mal que de bien

Pour comprendre les inconvénients du bêchage, il faut d'abord se rappeler que la terre du potager n'est pas simplement un mélange d'argile, de sable et de matières organiques.

C'est aussi un milieu vivant, dans lequel une multitude d'organismes travaillent en permanence.

On perturbe les habitants du sol

Dans une poignée de terre vivent d'innombrables bactéries, champignons et autres microorganismes. Sans oublier les vers de terre, les collemboles et bien d'autres petites bêtes.

Tout ce petit monde participe à la décomposition des matières organiques, au recyclage des éléments nutritifs et à l'entretien de la structure du sol.

Or, les conditions de vie ne sont pas les mêmes à toutes les profondeurs. Les couches superficielles sont généralement plus riches en matières organiques fraîches et mieux oxygénées que les couches profondes.

En retournant la terre, on bouleverse cette organisation.

Certains organismes se retrouvent dans des conditions moins favorables, des réseaux de filaments des champignons sont sectionnés et une partie des galeries creusées par les vers de terre est détruite.

Bien entendu, un seul bêchage ne va pas anéantir toute la vie du sol ! Mais lorsqu'on répète l'opération chaque année, on perturbe régulièrement un milieu qui fonctionne justement grâce à une organisation construite au fil du temps.

On détruit une partie de la structure naturelle de la terre

C'est probablement l'un des effets négatifs les plus importants du bêchage.

Dans une terre en bonne santé, les particules minérales et les matières organiques s'assemblent pour former de petits agrégats. Entre ces agrégats se trouvent des espaces qui permettent à l'air et à l'eau de circuler.

Les racines et les vers de terre créent également des galeries, parfois assez profondes.

Cet ensemble forme ce qu'on appelle la structure du sol.

Lorsqu'on retourne la terre, on brise une partie de cette organisation.

Certes, juste après le bêchage d'automne, la terre semble beaucoup plus aérée. Mais cette amélioration peut être temporaire. Sous l'effet des pluies, les mottes se désagrègent, les particules se réorganisent et la terre peut se retasser.

On risque alors de se retrouver dans une situation paradoxale : devoir recommencer à bêcher au printemps pour ameublir une terre dont on avait justement perturbé la structure.

On peut favoriser la levée des mauvaises herbes

Le bêchage est souvent présenté comme un moyen de lutter contre les mauvaises herbes en les enfouissant.

Mais il peut aussi produire l'effet inverse.

En effet, la terre contient une réserve de graines de plantes sauvages qui peuvent rester enfouies pendant plusieurs années.

En retournant le sol, on ramène certaines de ces graines près de la surface, où elles retrouvent la lumière et les conditions favorables à leur germination.

On peut donc voir apparaître de nouvelles mauvaises herbes alors qu'on pensait avoir nettoyé la parcelle !

Et dans le cas de certaines plantes vivaces, comme le chiendent ou le liseron, le problème peut être encore plus gênant : en coupant leurs organes souterrains, on risque de multiplier les fragments capables de repartir.

Et surtout, c'est beaucoup de travail !

Il ne faut pas oublier cet aspect très pratique.

Retourner plusieurs dizaines de mètres carrés à la bêche demande du temps et des efforts, surtout lorsque la terre est lourde.

Et ce travail n'est pas sans conséquences pour le dos.

Alors, si on peut obtenir une terre fertile, bien structurée et productive sans avoir à la retourner chaque année, pourquoi s'imposer cette corvée ?

Attention toutefois : arrêter de bêcher ne signifie pas qu'il faut laisser sa terre se dégrader sans jamais intervenir.

Tout dépend de son état. Et c'est justement là qu'une distinction importante entre en jeu.

Une terre ferme n'est pas forcément une terre tassée

Imaginez deux parcelles de potager.

Sur la première, la terre vient d'être bêchée. Elle est légère, friable et on peut facilement y enfoncer la main.

Sur la seconde, la terre n'a pas été travaillée depuis plusieurs années. Elle est plus ferme et résiste davantage lorsqu'on essaie d'y enfoncer un outil.

Laquelle est la plus favorable aux légumes ?

Instinctivement, on pourrait penser que c'est la première.

Pourtant, ce n'est pas forcément le cas !

Dans la seconde parcelle, la terre peut être parcourue de nombreuses galeries de vers de terre, contenir une multitude de petits espaces entre ses agrégats et laisser parfaitement circuler l'eau et les racines.

Elle est ferme, mais sa structure est bonne.

À l'inverse, une terre fraîchement bêchée peut paraître très meuble en surface alors qu'une couche compactée subsiste plus profondément.

Il faut donc distinguer une terre naturellement ferme d'une terre réellement compactée.

Dans une terre compactée, les espaces entre les particules sont réduits, ce qui peut gêner la circulation de l'air, l'infiltration de l'eau et la progression des racines.

Mais comment reconnaître ce problème dans son propre potager ?

Premier indice : observer ce qui se passe après la pluie

Après une bonne pluie, regardez comment se comporte votre terre.

L'eau s'infiltre-t-elle progressivement ou reste-t-elle longtemps en surface ?

Des flaques persistantes peuvent indiquer un problème de compaction ou de drainage.

Mais attention à ne pas tirer de conclusions trop rapides : une terre argileuse absorbe naturellement l'eau moins vite qu'une terre sableuse, surtout lorsqu'elle est déjà saturée.

Il faut donc tenir compte de la nature de votre sol, de l'intensité de la pluie et de la pente du terrain.

Deuxième indice : examiner une motte de terre

Lorsque votre terre est légèrement humide, prélevez une motte avec une petite pelle ou une fourche-bêche.

Regardez comment elle se présente.

Une terre bien structurée se compose souvent de petits agrégats de différentes tailles. On peut y observer des galeries, des racines et des espaces entre les mottes. Si vous écrasez la motte avec vos doigts, elle va facilement se défaire en petits morceaux.

À l'inverse, une terre compactée peut présenter des zones très denses, massives, difficiles à fragmenter, parfois organisées en couches horizontales. La motte sera beaucoup plus dure à défaire avec vos doigts.

Le plus intéressant est d'observer ce qui se passe à différentes profondeurs.

Vous pouvez découvrir une terre bien structurée sur les dix premiers centimètres, mais beaucoup plus dense en dessous.

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Troisième indice : regarder les racines des légumes

Les racines sont également de bons indicateurs.

Profitez de l'arrachage d'une salade montée en graines ou d'une autre culture terminée pour observer son système racinaire.

Les racines descendent-elles en profondeur ? Se ramifient-elles normalement ?

Ou semblent-elles bloquées à un certain niveau, en se développant surtout à l'horizontale ?

Un enracinement anormalement superficiel peut révéler une couche difficile à traverser.

Bien sûr, d'autres facteurs peuvent intervenir, comme un manque d'eau ou une particularité de la variété cultivée. Il ne faut donc pas se fier à un seul indice.

Mais en combinant ces trois observations, vous aurez déjà une meilleure idée de l'état de votre terre.

Et si vos légumes poussent correctement, que l'eau s'infiltre bien et que les racines se développent sans difficulté, il n'y a probablement aucune raison d'ameublir votre sol simplement parce qu'il vous paraît un peu ferme.

Comment garder une terre meuble sans la retourner ?

La bonne nouvelle, c'est qu'une terre peut conserver une structure favorable aux cultures sans être régulièrement ameublie par le jardinier.

Mieux encore, une grande partie de ce travail peut être assurée par les organismes qui vivent dans le sol.

Encore faut-il leur offrir de bonnes conditions !

Couvrir la terre et nourrir la vie du sol

L'un des gestes les plus utiles consiste à éviter de laisser durablement la terre nue.

Un sol exposé directement aux fortes pluies peut voir sa surface se désagréger et former une croûte. Le soleil et le vent favorisent également son dessèchement.

En couvrant la terre avec des matières organiques, on limite ces phénomènes.

On peut par exemple utiliser des feuilles mortes, de la paille, des tontes de gazon préalablement ressuyées et déposées en couches fines, ou des résidus végétaux sains provenant du potager.

Ces matériaux forment un paillage protecteur qui se décompose progressivement. À condition qu'il y ait de l'eau, car pendant un été sec par exemple, le paillage ne bougera pas.

Le compost mûr peut également être étalé directement à la surface, sans avoir besoin d'être enfoui.

Les vers de terre et les autres organismes du sol vont peu à peu incorporer une partie de cette matière organique et contribuer à former des agrégats stables.

Avec le temps, la structure de la terre peut ainsi s'améliorer naturellement.

Mais il faut être patient : un sol très compacté ne retrouve pas une bonne structure simplement parce qu'on l'a recouvert de quelques centimètres de paillis pendant un hiver.

L'amélioration peut demander plusieurs années.

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Autre possibilité : faire pousser des engrais verts sur les parcelles momentanément libres.

Leurs racines explorent la terre, participent à son organisation et laissent de petits conduits lorsqu'elles se décomposent.

Le sol est ainsi occupé et protégé tout en bénéficiant de l'activité des racines vivantes.

Éviter de marcher sur les planches de culture

C'est un point auquel on ne pense pas toujours.

Le poids de nos pas, surtout lorsque la terre est humide, peut provoquer un tassement.

Or, il serait dommage de passer du temps à améliorer la structure de sa terre pour ensuite la compacter en marchant dessus !

L'idéal est donc de prévoir des petites allées permanentes entre les zones cultivées.

Dans un petit potager, cela peut être très simple : des planches de culture d'environ 1,20 m de largeur permettent généralement d'atteindre le milieu depuis les deux côtés sans mettre les pieds sur la terre. Chez moi, j'ai laissé 40 cm entre deux planches de culture.

Laisser les racines travailler

Autre habitude intéressante : lorsqu'une culture est terminée, il n'est pas toujours nécessaire d'arracher toute la plante avec ses racines.

Pour certaines cultures, on peut simplement couper les tiges au ras du sol et laisser les racines se décomposer sur place.

C'est particulièrement intéressant avec les fèves, les pois ou certains engrais verts.

En se dégradant, ces racines vont apporter de la matière organique dans le sol et laisser de petits passages que pourront emprunter les racines des cultures suivantes.

Naturellement, si les plantes présentent des maladies racinaires, il peut être préférable de les retirer.

Mais dans les autres cas, ce serait dommage de se priver de ce travail souterrain gratuit !

Et la grelinette, est-elle indispensable ?

La grelinette est souvent présentée comme l'outil idéal pour remplacer la bêche.

Avec ses dents métalliques et ses deux manches, elle permet de soulever légèrement la terre sans retourner les couches du sol.

Le geste est assez simple : on enfonce les dents verticalement, on ramène les manches vers soi pour soulever la terre, puis on retire l'outil et on recommence un peu plus loin.

L'intérêt est de fissurer et d'ameublir la terre tout en conservant une bonne partie de son organisation naturelle.

Mais il y a deux choses importantes à savoir.

Premièrement, vous n'avez pas forcément besoin d'acheter une grelinette.

Si votre potager est petit, une simple fourche-bêche à quatre dents peut très bien faire l'affaire.

Il suffit de l'enfoncer dans la terre, puis de tirer doucement le manche vers soi pour soulever légèrement la motte, sans la retourner. On retire ensuite l'outil et on répète le geste un peu plus loin.

Sur quelques mètres carrés, cela fonctionne très bien et évite un investissement qui n'est pas toujours justifié.

La grelinette devient surtout intéressante lorsque les surfaces à ameublir sont plus importantes, car elle permet de travailler plus rapidement et avec moins d'efforts.

Deuxièmement, il n'est pas nécessaire de passer la grelinette ou la fourche-bêche chaque année !

C'est une erreur assez fréquente chez les jardiniers qui ont abandonné le bêchage : ils ont remplacé une opération systématique par une autre.

Or, si la terre possède déjà une bonne structure, pourquoi la soulever et la fissurer ?

Dans ce cas, on peut très bien cultiver son potager pendant plusieurs années sans utiliser ni bêche, ni grelinette.

L'essentiel est de conserver une terre vivante, bien structurée et favorable à l'enracinement des légumes.

Il vous faut posséder au moins l'un de ces 2 outils !
une grelinette à 5 dents et une fourche-bêche

Et pour semer les petites graines ?

Voilà une question que se posent souvent les jardiniers qui adoptent le non-bêchage et le paillage.

Car s'il est facile de planter des tomates ou des courgettes dans une terre paillée, les semis de petites graines demandent davantage de précautions.

Pour les carottes, les laitues ou les radis, il faut pouvoir préparer une surface suffisamment fine pour assurer un bon contact entre les graines et la terre.

La solution est assez simple.

On commence par écarter le paillis sur la largeur du rang à semer.

Ensuite, si la surface est trop dure ou trop grossière, on peut l'émietter superficiellement avec un petit croc ou une griffe, sur quelques centimètres seulement, après avoir éventuellement arrosé pour assouplir la terre.

Il ne reste plus qu'à tracer le sillon et à semer normalement.

Une fois les plantules suffisamment développées, on pourra rapprocher progressivement le paillis, en veillant à ne pas les étouffer.

Vous voyez donc qu'il n'y a aucune contradiction entre cultiver sans bêcher et travailler très légèrement la surface de la terre lorsque c'est nécessaire.

Le but n'est pas de s'interdire tout contact avec un outil, mais d'éviter les interventions profondes et inutiles.

Dans quels cas faut-il quand même intervenir sur la terre ?

Jusqu'ici, nous avons surtout parlé des avantages d'une terre que l'on perturbe le moins possible.

Mais il ne faudrait pas en conclure que toute intervention est forcément mauvaise.

Il existe des situations où un travail ponctuel du sol peut être utile, voire nécessaire.

Une nouvelle parcelle dont la terre est très compactée

Imaginez que vous souhaitiez agrandir votre potager sur une zone qui a longtemps servi de passage, ou sur laquelle des engins ont circulé pendant des travaux.

La terre peut être fortement compactée, parfois bien au-delà des premiers centimètres.

Dans ce cas, attendre uniquement que les vers de terre fassent le travail risque de demander beaucoup de temps.

Un ameublissement ponctuel peut alors faciliter l'installation des premières cultures.

Vous pouvez utiliser une fourche-bêche, ou une grelinette si vous en possédez une, en prenant soin de soulever la terre sans la retourner.

Il n'est pas nécessaire de réduire toutes les mottes en une poudre fine. L'objectif est surtout de créer des fissures qui faciliteront la circulation de l'air, de l'eau et des racines.

Pour une compaction particulièrement profonde, cette intervention superficielle ne suffira pas toujours. Il faudra alors examiner plus précisément l'origine du problème.

Une fois la parcelle mise en culture, on cherchera surtout à éviter que le tassement ne se reproduise.

Une terre argileuse qui reste gorgée d'eau

Les terres argileuses sont parfois difficiles à travailler.

Lorsqu'elles sont très humides, elles deviennent collantes et plastiques. Et lorsqu'elles sèchent, elles peuvent former des mottes extrêmement dures.

On pourrait alors être tenté de les bêcher pour les assouplir.

Mais attention : travailler une terre argileuse lorsqu'elle est trop humide est l'une des meilleures façons de détériorer sa structure.

Sous la pression des outils, elle se déforme et se compacte. Les parois des mottes peuvent même devenir lisses, ce qui gênera ensuite la circulation de l'eau et des racines.

Il faut donc attendre qu'elle soit suffisamment ressuyée.

Un test simple consiste à prendre une poignée de terre et à la serrer dans la main.

Si elle forme une masse collante qui se déforme facilement sans se fragmenter, mieux vaut patienter.

Si elle forme une motte qui se brise assez facilement sous les doigts, les conditions sont plus favorables.

Et si votre parcelle reste régulièrement gorgée d'eau pendant de longues périodes, le problème ne vient pas nécessairement d'un manque de bêchage.

Il peut s'agir d'une mauvaise évacuation de l'eau, d'une couche imperméable en profondeur ou simplement de la situation du terrain.

Dans ce cas, retourner la terre chaque automne ne résoudra pas forcément le problème.

Une parcelle envahie de mauvaises herbes vivaces

Le chiendent et le liseron sont deux exemples de plantes qui peuvent devenir particulièrement envahissantes au potager.

Le problème, c'est qu'elles possèdent des organes souterrains capables de redonner naissance à de nouvelles pousses.

Si vous passez un motoculteur dans une parcelle envahie de chiendent, vous risquez de découper ses rhizomes en de nombreux fragments.

Et une partie de ces fragments pourra produire de nouvelles plantes.

Même un bêchage classique peut disperser des morceaux de racines ou de rhizomes si l'on n'y prend pas garde.

Dans ce cas, mieux vaut souvent travailler avec une fourche-bêche pour soulever délicatement la terre et extraire le maximum d'organes souterrains sans les fragmenter.

Sur une parcelle très envahie, on peut également envisager une occultation prolongée avec une bâche opaque, en sachant que les vivaces les plus tenaces peuvent nécessiter plusieurs interventions.

Là encore, le but n'est pas de retourner toute la terre par habitude, mais de choisir une méthode adaptée au problème rencontré.

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Alors, que faire de la terre de son potager cet automne ?

Revenons à la période qui nous intéresse particulièrement : l'automne.

Les tomates terminent leur production, les haricots ont été récoltés et certaines parcelles commencent à se libérer.

Faut-il sortir la bêche pour préparer le printemps prochain ?

Voici ce que je vous conseille selon les situations.

Si votre terre est en bon état et que vos légumes ont bien poussé cette année :

Ne faites rien pour l'ameublir !

Retirez les résidus de cultures qui posent problème, apportez du compost si votre terre en a besoin, puis protégez la surface avec un paillage ou installez un engrais vert adapté à la saison.

Il n'y a aucune raison de perturber une terre qui fonctionne bien.

Si votre terre vous paraît un peu ferme, mais sans problème particulier :

Ne vous précipitez pas sur les outils.

Commencez par observer sa structure et le comportement de l'eau après les pluies.

Une terre ferme n'est pas nécessairement une mauvaise terre.

Vous pouvez simplement poursuivre les apports de matières organiques en surface et laisser les organismes du sol travailler.

Si votre terre est réellement compactée :

Un passage de fourche-bêche ou de grelinette peut être utile pour la fissurer sans retourner les couches.

Mais faites-le uniquement lorsque les conditions d'humidité sont favorables.

Sur une terre argileuse trop sèche ou au contraire trop humide, mieux vaut reporter l'opération plutôt que de risquer d'aggraver le problème.

Si votre parcelle est nue après les récoltes :

L'essentiel est de ne pas la laisser exposée inutilement aux intempéries.

Selon la période et votre région, vous pouvez semer un engrais vert, installer une nouvelle culture ou déposer une couverture de matières organiques.

En automne, des feuilles mortes, de la paille ou des résidus végétaux peuvent très bien jouer ce rôle.

Et si vous avez du compost mûr à apporter, vous pouvez simplement l'étaler sur la terre avant de mettre le paillage.

Nul besoin de l'enfouir à grands coups de bêche !

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Un engrais vert d'été : le sarrasin

Un dernier conseil : ne travaillez jamais une terre détrempée

Quelle que soit votre méthode de culture, c'est une précaution essentielle.

Une terre trop humide est particulièrement sensible au tassement et aux déformations provoquées par les outils.

Même une grelinette ou une fourche-bêche peut abîmer sa structure si les conditions sont mauvaises.

À l'inverse, sur une terre très sèche et durcie, les outils pénètrent difficilement et le travail demande beaucoup d'efforts et crée des mottes trop grosses et difficiles à effriter.

Le meilleur moment pour intervenir, si c'est réellement nécessaire, est généralement celui où la terre est légèrement humide, mais suffisamment ressuyée pour se fragmenter sans coller.

Et contrairement à une idée parfois entendue, le fait de pailler son potager ne permet pas de travailler la terre à n'importe quel moment de l'année.

Le paillage limite les variations d'humidité, mais il ne supprime pas les contraintes liées à la nature du sol.

Conclusion : et si le meilleur travail du sol était parfois de ne rien faire ?

Pendant des générations, on a considéré qu'un bon jardinier devait retourner sa terre chaque année pour préparer les futures cultures.

Aujourd'hui, nous comprenons mieux le rôle de la vie souterraine et l'importance de préserver la structure naturelle du sol.

Cela ne veut pas dire que la bêche est devenue inutile. Elle reste pratique pour certaines interventions ponctuelles. Et sur une petite surface, la fourche-bêche constitue un excellent outil pour ameublir la terre sans la retourner.

Mais il n'y a plus de raison d'en faire une opération systématique.

D'ailleurs, même la grelinette, souvent présentée comme l'alternative idéale au bêchage, peut rester rangée lorsque la terre n'a pas besoin d'être ameublie.

Finalement, le meilleur réflexe consiste à observer sa terre avant de décider de la travailler.

Si elle laisse bien circuler l'eau, si les racines s'y développent facilement et si vos légumes poussent correctement, pourquoi vouloir absolument la modifier ?

En protégeant sa surface, en apportant régulièrement des matières organiques et en évitant de la tasser, vous permettrez aux organismes du sol de réaliser une grande partie du travail à votre place.

Et vous pourrez consacrer le temps ainsi gagné à ce qui nous intéresse le plus au potager : cultiver de beaux légumes et profiter de ses récoltes !

Et vous, comment faites-vous dans votre potager ? Avez-vous complètement abandonné le bêchage, utilisez-vous encore la fourche-bêche ou la grelinette de temps en temps, ou préférez-vous retourner votre terre chaque automne, voire également au printemps ?

Racontez-nous votre expérience dans les commentaires !

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Parce que ce n'est pas facile de réussir son potager naturel à tous les coups, je prépare pour vous chaque semaine :

  • un article pratique où je vous apprends une nouvelle technique de culture que vous pourrez appliquer chez vous,
  • ou une vidéo qui vous montre ce qui pousse maintenant dans mon potager (y compris les ratages et les leçons à en tirer).
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Réponses

Les commentaires :
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  1. Patrick (Franche-Comte)

    J’admire votre sens de l’observation et les enseignements que vous en tirez en permanence quitte à remettre en cause vos anciennes habitudes et reconnaître vos erreurs. Passe d’un jardinage classique de bêchage systématique du sol j’ai fabriqué depuis 20 ans un jardin en carrés suspendus. Je constate qu’après des années de bonne santé du sol que les vers de terre ont disparu et que le sol s’’est beaucoup compacté surtout cette année. J’ai mis du fumier en granulés sur le dessus et je pense ajouter une bonne couche de paille. J’ai constaté aussi en mettant du paillis que les vers de terre revenaient plus facilement. Merci pour vos conseils indispensables .

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Patrick,
      Merci pour vos encouragements ! Après 20 ans de jardinage, vous avez vous aussi une belle expérience et je vois que nous partageons la même envie de faire évoluer nos pratiques !

      Avatar de nicolas
  2. Véronique (Auvergne)

    Merci de cet article instructif. Cette année en novembre je vais créer de petites terrasses dans mon terrain en pente (terre argileuse, léger drainage prévu en amont des planches de bois). Je remuerai la terre le moins possible mais quand même. Comment aider la terre à se rétablir ? Fumier, paillage, autre chose ?

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Véronique,
      Le mieux sera d'apporter une couche de 3 à 5 cm de compost mûr en surface (ou de fumier composté vendu en sacs disponibles en jardinerie), puis de couvrir avec un bon paillage. Les vers de terre et les autres organismes du sol se chargeront progressivement de restructurer la terre. Évitez surtout de travailler votre sol argileux lorsqu'il est humide, car cela accentue le compactage.

      Avatar de nicolas
  3. Raoul (Indre et Loire)

    Judicieux conseils et un raisonnement équilibré qui laisse à chacun le choix de faire ou ne pas faire.

  4. Dominique

    Merci beaucoup pour tous vos bon conseils, vos articles sont toujours très intéressants. Jusqu'à présent je passais la grelinette à l'automne avant de déposer des restes de végétaux, feilles mortes... Et au printemps je passais une deuxième fois, bande par bande, avant de planter ou semer. Je crois que je vais abandonner le passage de la grelinette à l'automne.

  5. Elisabeth (Seine et marne)

    Très bon article nous apprenons beaucoup de choses merci, bon travail. Par contre je voudrais savoir s'il vaut mieux passé une motobineuse au cas où en automne où au printemps merci de votre réponse

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Elisabeth,
      Si vous devez vraiment passer la motobineuse, il vaudrait mieux le faire au printemps, quelques semaines avant vos plantations, lorsque la terre est bien ressuyée, c'est-à-dire ni trop humide ni trop sèche.

      Mais dans l'idéal, mieux vaut éviter la motobineuse, car elle perturbe la vie du sol et va dégrader sa structure à force de passages.

      En automne, c'est-à-dire maintenant, je vous conseille plutôt de couvrir votre terre avec des feuilles mortes ou du paillage pour la protéger pendant l'hiver.

      Au printemps, un passage à la fourche permettra d'aérer la terre.

      Avatar de nicolas
      1. Elisabeth (Seine et marne)

        Merci Nicolas , ok je ferai ça et pas de motobineuse.

  6. Joseph (Gembloux Wallonie)

    Bonjour
    Bien d’accord avec tout. Toutefois je partage le questionnement d’autres lecteurs à propos du liseron et de l’oxalis. Retourner ou secouer la terre à la fourche-bêche, pas à la bêche, permet de récolter un max de racines et rhizomes.
    MAIS mon problème principal est de démolir le labyrinthe de galeries de campagnols. Il m’arrive de bêcher bien profond certains endroits. Faut dire que j’ai une terre excellente avec un horizon humifère très épais... très prisé des campagnols.

    1. Mana 56 (Vannes)
    2. Pascal (Sarthe)

      Bonjour, pour les campagnols j'utilise le piège Neudorff 700. J'ai aussi installé un perchoir à trois mètres de hauteur pour attirer les rapaces. Les deux fonctionnent.

  7. Christian (Sud-est, vallée de l'Isère)

    Article très intéressant.
    Pour ma part, je couvre mon terrain avec des feuilles mortes, de la paille , du compost et en plus d'un plastique noir épais, tout l'hiver. J'enlève le plastique à la fin de l'hiver. Depuis que je pratique ainsi, je n'ai plus de limaces.
    Par contre, je n'arrive pas à me débarrasser du liseron qui repare aux premières chaleurs.

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Christian,
      Pour le liseron, c'est malheureusement plus compliqué, car ses racines descendent très profondément dans le sol et il possède d'importantes réserves qui lui permettent de repartir au printemps, même après plusieurs mois sous une bâche noire.
      Le plus efficace est de l'épuiser progressivement en supprimant les nouvelles pousses dès leur apparition, avant qu'elles aient le temps de refaire leurs réserves.
      Il faut être persévérant, parfois pendant plusieurs années, mais cela permet de réduire petit à petit sa présence.

      Avatar de nicolas
  8. Jo (Près de Nantes)

    Bonsoir, je vaudrais bien ne pas retourner terre, mais je suis envahi par l’oxalis.
    J’essai d’éliminer le maximum , mais il en reste toujours. As tu une solution ?

    1. Mana 56 (Vannes)

      Bonjour Jo, lisez cet article de Gilles Dubus:
      https://www.un-jardin-bio.com/oxalis/

  9. Michelle (Alpes Maritimes)

    En suivant vos conseils depuis 10 ans, je passe la grelinette puis je dépose les feuilles de courgettes, artichauts, tomates etc. Ma terre est de plus en plus souple et je n'ai pas besoin de rajouter du terreau ou du fumier. J'ai une parcelle dans des jardins familiaux et par rapport à la plupart de mes voisins qui passe le motoculteur deux fois par an et rajoute du fumier et des angrais, je trouve que ma terre et noire et pleine de vie. Merci pour vos précieux conseils.

  10. Pascal (Sarthe)

    Bonjour Nicolas, jusque maintenant je procédais exactement de la même façon que toi. Cette année j'agrandis le potager avec une nouvelle parcelle de 200 m2. Sur cette parcelle j'expérimente une nouvelle façon de travailler : la culture de légumes sur couverts végétaux. Je m'inspire de ce que décrit le maraîcher Yann Lopez sur son site "Les jardins Sauvages". Sa méthode, qu'il appelle "agriculture naturelle", s'inspire des travaux de Fukuoka. Il les applique au maraîchage en cultivant ses légumes directement dans les couverts végétaux qu'il ne coupe pas mais couche avec une planche ou un rouleau faca. Il n'y a donc pas de travail d'enfouissement des engrais verts pour apporter de l'azote. Parallèlement j'expérimente aussi cette technique dans mon potager existant où j'ai semé un mélange pour une couverture d'hiver : seigle commun, avoine, vesce, pois fourrager, féverole, phacélie, moutarde blanche et trèfle incarnat. Au total 750 grammes pour 100 m2 avec une répartition 50% légumineuses / 50% plantes à paille (céréales). L'intérêt de cette technique est de ne faire aucun travail du sol même en surface. J'attends de voir. Merci pour tout ce que tu écris, ça m'inspire toujours et me motive énormément.
    Pascal.

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Pascal,
      C'est une expérience intéressante sur une belle surface !

      La culture directement dans les couverts végétaux est une technique prometteuse, même si elle demande une bonne maîtrise pour éviter que le couvert ne concurrence les légumes pour l'eau et la lumière.

      Le mélange que tu as choisi est très diversifié, peu de jardiniers amateurs se donnent cette peine. Je suis curieux de voir comment tout cela va évoluer, notamment au moment de "détruire" les engrais verts et d'installer les cultures.

      N'hésite pas à nous faire un retour sur tes résultats, cela m'intéresse beaucoup !

      Bonnes expérimentations !

      Avatar de nicolas
  11. Michel (Coteaux de Jurançon)

    Merci pour cet article très complet.
    J' ai démarré mon potager de 50m² il y a trois ans. Ancienne prairie terre argileuse, je paille souvent dans le but d' améliorer la structure de mon sol, et ça marche. A l' automne je passe un léger coup de grelinette, j' amende avec un mélange de compost maison, terreau de feuille+broyat et fumier de cheval. Et la c' est toujours la même question, comment procéder pour mes plantations d' automne, pour mes semis d' engrais vert alors que je vais également devoir pailler mon sol avec 5 à 10 cm de foin.
    Avez vous des conseils? Écarter le paillage et semer, ou semer et pailler plus tard lorsque ces plantations se sont un peu développées?
    Merci de vos commentaires.
    Michel

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Michel,
      Vous avez déjà de bonnes pratiques pour améliorer votre terre argileuse, et c'est encourageant de voir que les résultats sont au rendez-vous !

      Pour les engrais verts, je vous conseille de retirer le paillage avant de semer, car les graines ont besoin d'être en contact avec la terre pour bien germer (sauf la féverole que je sème graine par graine tous les 15 cm en l'enfonçant avec le doigt).

      Une fois les engrais verts installés, inutile de remettre du foin par-dessus ou alors juste saupoudrer. Leur feuillage va progressivement couvrir le sol et jouer le rôle de paillage vivant pendant l'hiver s'ils sont semés en septembre, moins s'ils sont semé maintenant.

      Pour vos plantations d'automne, c'est différent : vous pouvez simplement écarter le foin pour planter, puis le remettre autour des plants sans recouvrir leur cœur pour éviter sa pourriture.

      Vous pouvez donc avoir des zones couvertes de foin et d'autres occupées par des engrais verts. Les deux méthodes sont complémentaires.

      Avatar de nicolas
  12. Sylvie (Sud Manche)

    Bonjour
    J'ai le même problème avec la terre de ma serre que Marina. Petite récolte de tomates mais peut-être un manque d'arrosage ? Et quand j'arrose l'eau parfois ne pénètre pas très rapidement. Les racines sont parfois apparentes. Je n'ajoute que du compost maison mais parfois pas assez mûr car des mulots visitent mon composteur. Est-ce que je dois faire pousser des engrais verts et lesquels, mais pas tout de suite car les tomates continuent de pousser.

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Sylvie,
      Oui pour les engrais verts, vous pouvez attendre la fin de vos tomates, puis semer l'une (ou les deux) de ces 2 espèces : de la féverole et du seigle. Pour ce dernier, attention il est plus difficile à "détruire" au printemps car il a tendance à repartir de la racine.

      Avatar de nicolas
  13. Jean-François (Haute Provence, 600m)

    Intéressantes les évocations de la pluie ! C'est parler des absents.
    Pour moi ce sera passage de la débroussailleuse au ras du sol puis 20cm de foin. Le printemps a été humide, parfois trop et la récolte de foin est plutôt abondante. Peut-être un mélange moutarde blanche + fèverole + seigle sur quelques planches après soit un coup de grelinette léger, soit des raies directement au piochon. Et puis semer l'ail. Bon automne à tous et toutes

  14. Pascal (sologne loiret)

    Bonjour
    Pour ma part, mon sol étant naturellement et particulièrement meuble et amendé depuis plus annees il est si drainant que je dois marcher sur certaines parcelles pour lui donner "du corps ".
    Pour le travailler, si besoin, j’utilise une grelinette rotative dont les dents, disposees en cercle, ne dépassent pas 15 cm. C’est tres facile a utiliser pour decompacter légèrement une terre ayant subit une "croûte de batance" sur des légumes dont le paillage peut être gênant a la croissance de légumes : carottes, radis, etc.
    Le manche, horizontal, permet une rotation tres ergonomique et peu contraignante pour le dos et met même de le muscler.
    Il n’est pas nécessaire de l’enfoncer sur la totalité. En outre comme j’ai des tuyaux microporeux enterrés a envirôn 15 à 20 cm, enfoncer plus profonds serait dommageable.
    ⁸

  15. Marina (Bearn)

    Bonjour Nicolas et jardinières et jardiniers
    Merci pour cet article très complet et très intéressant.
    Dans mon potager j’ai déjà semé des engrais verts sur quelques parcelles mais après un passage à la grelinette. Sur d’autres j’ai semer et planté des légumes d’hiver après aussi un passage de grelinette et un apport de fumier et algues du commerce (or brun) et pas encore recouvert de paillis. Mais du coup j’hésite pour les autres parcelles d’autant plus que la pluie s’est invitée dur ma terre argileuse ( Jenn suis ravie … pluie et fraîcheur tant attendues dans le Bearn  !)

    Par contre je suis embêtée avec la terre de ma serre lise en place depuis deux ans, sur une parcelle qui étaient très compactée et jamais cultivée ( c’était de la prairie). Elle a été de décompactée avec un motoculteur travaillant en rotation de surface et j’ai rajouté par dessus de la terre végétale, du compost, du fumier de cheval et algue. Ce que j’ai refait l’an passé. Les tomates se sont bien développées et j’ai eu une bonne production mais je remarque que les racines se développent surtout en surface… et pour cause, en profondeur la terre est encore dure. J’ai donc décidé cet automne de semer des engrais verts, mais est ce que cela aidera ? Je compte par ailleurs semer de petits pois ensuite avant de revenir à la saison des tomates.
    Merci de partager vos retours d’expérience sur la terre de vos serres, d’autant plus que chaque printemps elle accueille des tomates ( rotation des cultures plus délicate donc)
    Belle journée fraîche à toutes et tous

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Marina,
      Il y a un point important auquel on ne pense pas toujours quand on cultive sous serre : c'est l'eau !

      En effet, pour qu'un sol s'améliore naturellement, il faut que les vers de terre et les micro-organismes puissent travailler. Et pour cela, ils ont absolument besoin d'humidité.

      Or, sous une serre, il ne pleut jamais ! Si vous n'arrosez pas régulièrement, même en hiver, la terre finit par se dessécher en profondeur. Les vers de terre partent alors chercher l'humidité ailleurs et l'activité biologique ralentit fortement.

      Cela pourrait expliquer pourquoi votre terre reste dure en profondeur malgré tous vos apports de matières organiques.

      Les engrais verts sont une très bonne idée, car leurs racines vont contribuer à décompacter progressivement le sol. Mais là aussi, il faudra les arroser pour qu'ils puissent bien se développer.

      Mon conseil serait donc de surveiller l'humidité de votre terre tout au long de l'année, y compris en hiver, et d'arroser lorsque c'est nécessaire pour maintenir une légère humidité en profondeur, sans détremper le sol.

      Avatar de nicolas
    2. Pascal (sologne loiret)

      Bonjour
      Pour ma part j’ai terminé la construction de ma petite serre fin avril de cette 2026.
      Comme mon sol est uniquement sableux, en Sologne, j’ai dû excaver complètement la surface d’environ 12 m2 avant de réaliser une sorte de "lasagne" .Cependant la décomposition de cette lasagne n’est pas encore terminée. J’espère qu’au printemps prochain le "travail" sera plus favorable que cette première année ou ma production sous cette serre a été moins bonne que dehors.

      1. Anonyme

        Merci Nicolas, le manque d’eau, c’est en effet ce que j’ai pu constater au printemps dernier. Pas d’eau, pas de vie. J’ai arrosé tout l’été au pied mes tomates, etJ’arrose donc copieusement depuis les semis d’engrais verts.
        Je vais suivre tes conseils et continuer de maintenir un taux d’humidité cet hiver pour faire revenir les vers de terre. 👍

      2. Marc (Le Havre)

        n'hésite pas a arroser cette hiver avec eau additionné d'urine cela aide à la decomposition
        Perso j'utilise un seau hygiénique pour la recolter et cela permet en plus d'économiser 5 litres d'eau potable à chaque miction😏

        1. Pascal (sologne loiret)

          Merci Marc
          Mon urine n’est pas entièrement perdue. Je pisse dans un bocal de 2 litres que j’utilise diluee pour certains légumes.
          Ce matin, hélas, j’assiste a un massacre d’une parcelle voisine boisee, entre autres de chenes de 70 a 100 ans par des "machines de guerre" En 4 heures il n’y aura plus rien de cette parcelle sauvage magnifique.
          Je suis effondré...

          1. Anonyme

            Je l’ai aussi fait pour donner un coup de boost à mes plants, comme nous le conseillait aussi Nicolas.
            Quant à ces arbres détruits pour je ne sais encore quelle projet d’aberration… comme je vous comprends ! Je compatis et je suis révoltée par ce manque de respect non seulement pour ces arbres, mais pour nos enfants, petits enfants et générations futures 😢💔

          2. Mana 56 (Vannes)

            ....Je pense que le propriétaire de cette parcelle avait une autorisation, non ? Sinon allez voir en à la mairie.
            https://etude-rives-pontault-combault.notaires.fr/articles/abattage-darbres-dans-quels-cas-autorisation-est-elle-obligatoire-1586.htm

            1. Pascal (sologne loiret)

              Oui elle est en règle je suppose Elle est avocate.saif que l’ancien m’a mentionner é prétendant que cette parcelle n’était pas concernée

              1. Mana 56 (Vannes)

                Le fait d'être avocate ne garantie rien....bien au contraire !😏

    3. Marc (Le Havre)

      Bonjour Marina
      J'ai une serre installée sur un terrain jamais cultivé,
      la première année j'ai mis 6 couches de carton trouvé derrière le supermarché, des cartons avec le moins d'encre possible et après avoir enlevé les collants ( les pharmacie reçoivent beaucoup de carton de ce genre) , j'ai mis par dessus du paillage vert (azote pour equilibré le carbone du carton, et des feuilles mortes (carbone à nouveau) et mes dernière tontes de pelouse et j'ai arrosé au moins une fois par semaine l'hiver. les vers de terre adore le carton et en venant le manger ont aeré le sol. je crois avoir passé la grelinette la première année, depuis a part le paillage je ne touche plus à mon sol. le sol est tellement riche que en normandie j'ai en core des tomates fin octobre.
      Petite astuce de plus pour ceux qui n'ont rien contre, l'ors de l'arrosage d'hiver je compléte l'eau avec 5 % d'urine, cet appoprt d'azote aide le carbone à se décomposé. Cela nourri aussi le sol en minéraux utile d'ou mes recolte tardive

      1. Anonyme

        Merci … le carton c’est un peu tard maintenant non ?
        Ou alors il faudrait que je refasse une lasagne l’hiver prochain …
        Merci pour votre partage

        1. Marc COPPEAUX (le Havre)

          personnellement je trouve maintenant la meilleure période. 80% de ma surface non utilisé cette hiver est en position hivernage (4 couches de carton et BRF par dessus et bientôt feuilles mortes ) au printemps le carton aura été absorbé par le sol il restera peut ^tre un peu de BRF a écarté pour planter. A partir de novenbre je ne met plus que 3 couches de cartons car les vers n'auront pas le temps de tout manger. si je suis en retard en décembre je met 2 couches, donc là pour moi c'est le meilleur moment maintenant cela laisse du temps au vers et en plus il reste de la chaleur qui accelère le poirissement du carton.
          Le seul inconvenient de cette methode c'est que les limaces adorent le carton et le BRF

          1. Marina

            Merci pour votre partage, je vais laisser pousser mon engrais vers puis mettre une couche de carton en décembre après avoir couper mon engrais vert que je poserai dessus … ça devrait le faire 😉

            1. Marc COPPEAUX (le Havre)

              oui cela devrait le faire

  16. Anonyme

    J 'ai lu votre article avec beaucoup d'intérêt et de plaisir , mais ce qui m'a plu le plus et m'a bien fait rire , c'est la conclusion " ET SI FINALEMENT , LE MIEUX était DE NE RIEN FAIRE "
    Merci et à la semaine prochaine

  17. Denies Philippe.fr (Val de Loire)

    Un peu long et répétitif pour certains conseils
    Autrement bon conseil pour l’ensemble

  18. Florence (normandie)

    Merci poir ces precieux conseils. Je ne bêche pas mon petit jardin potager . Cette année , ma parcelle est recouverte de pourpier . Est ce que je peux le laisser et pailler par dessus ? C'est tres tres envahissant.
    Amities

    1. Mana 56 (Vannes)

      Bonjour Florence, vous pouvez le manger, c'est très bon pour la santé ! 😉

    2. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Florence,
      Si vous ne mangez pas tout 😉, vous pouvez laisser le pourpier en place et pailler par-dessus, mais je vous conseille quand même de l'arracher avant, surtout s'il est très abondant.

      Le pourpier est une plante annuelle qui disparaît avec les premières gelées, mais il produit énormément de graines qui peuvent rester longtemps dans le sol.

      L'idéal serait donc de l'arracher avant qu'il ne monte en graines, puis de couvrir votre terre avec une bonne couche de feuilles mortes ou de paille pour l'hiver.

      Avatar de nicolas
    3. Pascal (sologne loiret)

      Bonjour
      Comme Mana le dit, c’est bon !!!!

  19. Anonyme (Nord. pays de Weppes)

    Bonjour à tous, personnellement je ne bêche plus depuis plusieurs années. Après avoir ôté la majorité des adventices, je répand plusieurs fines couches de tontes (suivant la pousse du gazon), je complète par des feuilles broyées à la tondeuse, dès que la chute des feuilles est effective, du compost bien mûr et je termine en bachant la totalité de mes parcelles. J'ai constaté une meilleure activité des vers et autres, une terre très souple, et en plus sans présence d'adventi ces. Les parcelles sont pratiquement prêtes à être cultivées. Un gain de temps non négligeable et une préservation de mon dos qui va vers ses 80 ... printemps !

  20. Cécile (Hainaut - Belgique)

    Merci pour cet article très utile et instructif.
    Mais que faire lorsque la parcelle est parcourue de galeries de campagnols ou autres rongeurs ? Ne vaut il pas mieux « travailler » la parcelle pour détruire les galeries même si la terre en surface a une bonne structure ?

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Cécile,
      Oui tout à fait. C'est le cas chez moi, des mulots ou des taupes creusent des galeries toute l'année sous mes plates-bandes potagères. Ils ne s'attaquent pas aux légumes heureusement, mais ils dérangent souvent les plants venant d'être plantés. Je passe donc la grelinette 2 fois par an pour décompacter ma terre qui est très séchante et cela comble les galeries.

      Avatar de nicolas
      1. Pascal (sologne loiret)

        Moi je piétine en espérant écraser les galeries de ces sacrées bebetes. Je pose des pieges. Cette année 27 mulots plus, hélas une demie douzaine de musaraignes et 3 mésanges. Les mulots je leur fait faire une balade lorsque je vais mes course et les libèrent vers 3 km plus loin, sauf quand je m’aperçois je les oubliées de retour chez moi. Elle font donc du tourisme...
        Pour less musaraignes qui sont cardiaques, elles meurent quasiment sur coup, malheureusement et les mésanges sont écrasées par le clapet de fermeture, helas

  21. Michel CARCAUD

    J'ai hérité d'un jardin argileux qui était labouré très profond chaque année. J'ai mis 5/6 ans a fabriquer une nouvelle terre avec des mini buttes et toutes les méthodes que vous expliquez plus haut.
    Ma terre est très fertile elle retient l'eau ,et je n'utilise ni tracteur, motoculteur, fourche à bêcher, grelinette.
    Le plus difficile quelques fois c'est d'être à l'opposé des méthodes des voisins et amis.

  22. martin yannick

    J'ai un petit potager de 20 mètres carrés environ pour moi c'est très simple.. je prends une petite moto bineuse , ensuite je je sème des engrais vert la faverolle pour une terre argileuse, et enfin des feuilles mortes,broyer . La grelinette c'est un truc de bobo... Si vous n'avez pas eu d'air travailler depuis des années ça sert à rien.

    1. Marc (Sud Bretagne)

      Une Motobineuse pour 20m2 ...!
      Je suis fier d'être un bobo, si c'est ce que je suis devenu, pour ne plus en utiliser depuis plusieurs années sur mon potager de 200m2

      1. Mana 56 (Vannes)

        BRAVO Marc ! 👍

        1. Pascal (sologne loiret)

          C’est exactement ce que j’allais repondre. Je n’ai utilisé me petite moto bineuse électrique que pour la création de mon potager il y a 15 ans. Depuis je ne m’en serre que pour creuser mon chemin d’accès qui est tassé par le passage de mon véhicule. Car les hornieres sont telle que certaine voitures ônt le dessous qui frottent en passant...😁

          1. Mana 56 (Vannes)

            Mais Yannick a la fâcheuse habitude de n'être d'accord avec personne et cela dans tous ses commentaires....Il vaut mieux en rire qu'en pleurer ! 😂

            1. martin yannick

              Non c est faux..je dit ce que je pense, Nicolas a des très bonnes idées que j applique, tiens c est lui qui m'a conseillé la feverolle Pour une terre argileuse.

      2. martin yannick

        Ci tu a envie d avoir un Tour de reins libre à toi 🤣

      3. Marc (Le Havre)

        J'ai aussi 200m2 de potager, pas de bechage et grelinette que quand le liseron envahi

    2. Patrick

      C'est une blague ! Une motobineuse pour 20 mètres carrés ? Vous ne devez pas être un fidèle lecteur des conseils de Nicolas ni vous sentir très concerné par le respect de la biodiversité (pauvres vers de terre de votre tout petit potager) !

      1. martin yannick

        Et alors on a le droit de ne pas être d accord ,.

        1. Patrick

          Ah Yannick, toujours fidèle à sa réputation ! Jamais d'accord avec personne, quel que soit le sujet...

          1. martin yannick

            Non ce n'est pas vrai j'applique les quelques conseils pas tout.. tiens par exemple je plante de la féverole pour une terre argileuse comme la mienne c'est très bien

      2. martin yannick

        C'est nul comme réponse

  23. Claire (Hautes Pyrénées centre ville Tarbes)

    Bonjour, je lis votre article avec beaucoup d'attention car vos explications sont structurées et aident vraiment à la mise en œuvre.
    Depuis cet été j'applique la méthode du jardinier paresseux. Très très proche de celle que vous décrivez et ma terre desséchée s’est couverte de micorhizes sous le paillage ( couche de foin et déchets organiques) et les vers de terre sont revenus. Betteraves, poireaux et salades sont en forme. ( les limaces aussi 😉) Quoique les betteraves font beaucoup de feuille et tardent à se développer. J’ai eu moins de succès avec le dernier semis de haricots.
    En tout cas je peux ne pas arroser pendant au moins une semaine voire plus pour les légumes déjà en place.Et ce n’est pas ce qui vient du ciel qui nous aide: il ne pleut quasiment pas depuis des mois.
    Précision, j'habite Tarbes HP
    Bon dimanche à tous

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