7 erreurs à ne pas faire en été au potager

178 comments on 7 erreurs à ne pas faire en été au potager

Cette liste de conseils spécialement choisis pour la saison estivale, vous fera gagner du temps et de l’énergie.

Je suis passé par là moi-aussi : toutes ces erreurs, je les ai commises dans le passé !

Mais l’expérience aidant, je sais maintenant comment les éviter et je vais vous donner tous les détails pour que vous puissiez en faire autant.

Erreur n° 1 : Se tromper sur la quantité d’eau à apporter aux légumes

Comment ça arrive ?

Vous avez installé tous vos légumes au potager à la fin du printemps et maintenant ils ont bien grandi.

J’ai remarqué que les jardiniers qui débutent ont deux défauts : soit ils arrosent trop leurs légumes (je l’ai fait moi aussi), soit ils pensent qu’il suffit de laisser la nature se débrouiller toute seule !

Mais alors, comment arroser de manière raisonnable pour avoir de beaux légumes tout l’été ?

Et alors, que faire ?

Le meilleur truc que je connais pour savoir si les légumes ont besoin d’eau, c’est d’enfoncer les doigts dans la terre. Peut-être que la surface vous semble sèche, mais si vous sentez que la terre est humide à 10 cm de profondeur, pas besoin d’arroser.

Quelle quantité d’eau et tous les combien ?

Il vaut mieux arroser moins souvent mais bien à fond plutôt que donner un petit coup d’eau tous les jours. Ainsi l’eau pourra atteindre les racines des légumes en profondeur.

La bonne mesure, c’est de partir sur un long arrosage une fois par semaine, et d’adapter selon la météo (pluie… canicule…).

Un programmateur ça change la vie
Un programmateur ça change la vie

Erreur n° 2 : Se laisser envahir par les mauvaises herbes

Comment ça arrive ?

Au printemps, après avoir enrichi la terre, vous vous êtes appliqué à mettre en place tous vos légumes. Maintenant, vous les regardez grandir. Jusque-là, c’est tout à fait normal.

Mais quantité d’autres petites plantes profitent aussi de ce sol fertile pour germer et se développer spontanément : ce sont les “mauvaises” herbes (je préfère parler d’herbes indésirables).

En plus, elles sont parfaitement adaptées à votre terrain et à votre climat, donc elles se développent extrêmement vite, parfois même plus vite que les légumes !

Si vous les laissez faire, elles vont s’étendre de plus en plus et votre potager risque d’être envahi.

Et alors, que faire ?

Les herbes spontanées ne sont pas mauvaises en soi au potager, tant qu’elles n’empêchent pas les légumes de se développer.

Trois cas de figure se présentent :

  1. Pour faire un semis en pleine terre, on va préparer un rang en arrachant toutes les herbes pour avoir une terre bien “propre”.
  2. Certaines herbes sont envahissantes : si on trouve du liseron, du chiendent ou des chardons bien piquants, on les arrache sans vergogne (après avoir arrosé, car la racine vient mieux).
  3. Pour les autres herbes, je les laisse pousser et je les rabats de temps en temps de moitié. Elles participent à la biodiversité de mon jardin et leurs racines contribuent à maintenir un sol vivant et aéré.

Et pour éviter l’apparition des herbes, il suffit d’avoir toute l’année un paillage autour des légumes ainsi qu’un engrais vert sur toutes les parcelles en attente de culture.

Un chiendent en pleine forme
Un chiendent en pleine forme

Erreur n° 3 : Repiquer des jeunes plants en plein soleil

Comment ça arrive ?

Vous revenez de la jardinerie (ou du marché) avec des plants de basilic ou d’autres jolies pousses. Ou peut-être avez-vous de beaux plants de laitues que vous avez semés dans des godets.

Ils sont mignons tous ces plants, avec leurs feuilles bien dressées et vous n’avez qu’une idée en tête : les repiquer tout de suite au potager.

S’il est vrai que les plants n’aiment pas attendre pendant des jours qu’on veuille bien les replanter, il ne faut pas se précipiter au risque de tout gâcher.

En effet les rayons brûlants du soleil peuvent dessécher un jeune plant en moins d’une heure et le faire mourir par manque d’eau autour de ses racines.

Et alors, que faire ?

Déjà il vaut mieux éviter les jours de grosses chaleurs pour repiquer des plants au potager.

Ensuite je vous recommande de les planter en fin d’après-midi car le soleil est déjà plus bas et chauffe moins.

Enfin, si la terre est sèche, n’oubliez pas d’arroser abondamment pour faire adhérer la terre aux racines.

Afin de garder la terre humide, je vous conseille de pailler autour des plants. Pour ne pas que les feuilles encore petites soient recouvertes, il vaut mieux choisir un paillis assez fin comme des tontes de gazon séchées.

Et une dernière astuce : je couvre mes jeunes plants avec des cagettes en bois retournées. Pendant quelques jours, cela va les protéger du soleil trop chaud et assurera une bonne reprise.

Des cagettes pour ombrer les jeunes plants de salades (au second plan)
Des cagettes pour ombrer les jeunes plants de salades (au second plan)

Erreur n° 4 : Partir en vacances en croyant que le potager se débrouillera tout seul

Comment ça arrive ?

Peut-être que le début de l’été était un peu maussade, alors vous vous êtes dit que ça devrait aller pour le potager si vous vous absentez une ou deux semaines.

Et paf, une période caniculaire se produit juste pendant votre absence et à votre retour, vous retrouvez vos légumes grillés ou montés à graine !

Ou bien alors il n’a pas arrêté de pleuvoir pendant votre absence et à votre retour le potager s’est transformé en une jungle inextricable de mauvaises herbes.

Pour ne pas perdre votre récolte, voici voici quelques astuces à suivre avant de partir en vacances.

Et alors, que faire ?

Trois semaines avant de partir, arrêtez tout nouveau semis ou repiquage de légumes. Car c’est au début de leur vie que les jeunes plants ont le plus besoin d’être surveillés.

Quelques jours avant de partir, arrachez ou coupez le maximum de mauvaises herbes.

Si ce n’est pas déjà fait, profitez-en pour étaler une bonne couche de paillis au pied de vos légumes (après un arrosage copieux).

Si vous habitez dans une région aux étés chauds, installez un système de goutte-à-goutte et un programmateur. Ou alors demandez à un voisin bienveillant de venir arroser.

Cueillez aussi un maximum de courgettes (pour éviter d’avoir des monstres à votre retour) et de tomates (même un peu vertes, elles continueront de mûrir à la cuisine).

La veille du départ, arrosez en profondeur tout le potager.

Un paillage épais protégera ces choux de la sécheresse
Un paillage épais protégera ces choux de la sécheresse

Erreur n° 5 : Ne pas avoir mis toutes les chances de votre côté pour que ça pousse bien

Autant chez les débutants que chez les jardiniers les plus expérimentés, il arrive que certains légumes ne donnent pas du tout le résultat auquel on s’attendait. Les causes sont multiples comme nous allons le voir.

Ne pas avoir suivi les bonnes dates de semis

C’est un fait, certains légumes poussent mieux au printemps qu’en été.

En voici la liste : radis, laitues, navets, épinards, fèves, petits pois, cerfeuil.

Et si comme moi vous habitez au sud de la Loire, il ne sert à rien de semer ce genre de légumes quand approche la fin du printemps.

Ne pas avoir respecté le bon ensoleillement

Dans les petits jardins, il arrive souvent que le potager soit à l’ombre une partie de la journée, à cause des constructions ou des arbres environnants.

Mais certains légumes (en particulier les légumes “à ratatouille” comme la tomate, la courgette ou l’aubergine) ont besoin de 8 bonnes heures de plein soleil par jour au moins.

Alors que les légumes-racines (carottes, betteraves…) se contentent d’un peu moins de soleil, et les légumes-feuilles (salades, choux) arrivent à pousser à mi-ombre, même si leur développement est un peu moins grand.

Avoir oublié d’entretenir la fertilité de sa terre

Les plus gourmands, ce sont les courges, les tomates, les aubergines, les poivrons, les différents choux, les concombres, les épinards, les poireaux, les pommes de terre.

Au Potager Durable, je préfère privilégier des sources naturelles de fertilité, comme le compost et le paillis nutritif.

Faire pousser des légumes difficiles sans s’y connaître

Le céleri-rave, le melon ou la carotte en sol lourd sont parmi les légumes les moins faciles à réussir. Ils sont très sensibles aux variations de température et aux apports d’eau.

Il ne faut pas avoir peur d’expérimenter, bien au contraire ! Mais dans certains cas, c’est peine perdue quand on n’a pas le bon climat ou le bon sol.

Bonnes récoltes en vue ! (variété Cornue des Andes)
Bonnes récoltes en vue ! (variété Cornue des Andes)

Erreur n° 6 : Perdre toutes ses tomates à cause du mildiou

Comment ça arrive ?

Vos tomates se développent bien, les premiers fruits commencent à rougir et vous attendez avec impatience de pouvoir les déguster…quand survient la terrible maladie du mildiou, capable de décimer en quelques jours tous les plants de tomates du potager en se répandant comme le feu !

Cette maladie arrive en général quand il pleut plusieurs jours de suite avec des températures comprises entre 15 et 25 degrés. Le mildiou se transmet d’un plant à l’autre en projetant ses spores.

Les feuilles de tomates présentent des taches rondes et brunes avec un contour plus clair sur le dessus et un duvet blanc sur le dessous. Très vite, les tiges et les fruits commencent à s’abîmer jusqu’à pourrir complètement.

Début de mildiou sur une feuille de tomate (cliquer sur la photo pour agrandir)
Début de mildiou sur une feuille de tomate (cliquer sur la photo pour agrandir)

Et alors, que faire ?

Elevez vos jeunes plants de tomates dans des contenants de bonne hauteur (des bouteilles par exemple) pour qu’ils développent des racines puissantes.

Apportez une bonne quantité de compost (fait maison c’est mieux) en rebouchant le trou de plantation pour rendre vos plants de tomates plus forts face aux maladies.

Paillez épais à leur pied pour éviter (à l’arrosage et pendant les orages) les projections de terre qui peuvent contenir des spores du mildiou.

N’arrosez surtout jamais leur feuillage pour éviter une ambiance humide, propice à la maladie.

Et si tout cela ne suffit pas, vous pouvez aussi pulvériser des traitements naturels tonifiants comme le purin d’ortie ou la décoction de prêle.

Sachez comment réagir dès que le mildiou apparaît : coupez les parties atteintes et traitez au bicarbonate.

Erreur n° 7 : Etre obligé de jeter des légumes pour cause de surproduction

Comment ça arrive ?

Cela m’est déjà arrivé plus d’une fois : après avoir récolté de magnifiques légumes de mon potager, je les ai laissé attendre plusieurs jours au frigo. Et au moment de les consommer, ils étaient tout flétris, sans parler de la baisse des vitamines qu’ils contiennent !

Je trouve ça vraiment dommage d’être obligé de jeter à la poubelle des légumes qui m’ont demandé tant de travail et de temps passé pour les cultiver.

Alors au lieu de récolter tous vos légumes-racines en une seule fois, pourquoi ne pas les laisser en terre et les ramasser au fur et à mesure des besoins ? Je pense aux carottes, betteraves, navets d’automne, céleris-raves, topinambours, pommes de terre et autres panais.

Tous ces légumes supportent parfaitement d’attendre qu’on vienne les cueillir. Vous pouvez aussi construire un silo à légumes, dans un endroit proche de la maison et à l’ombre.

Et alors, que faire ?

Pour les autres légumes, voici quelques astuces :

Récoltez tôt le matin : le mieux, c’est au début de la matinée, les légumes sont encore gorgés d’eau de la nuit.

Les salades : pour garder des feuilles bien croquantes, il est bon de les asperger d’eau avant de les mettre au réfrigérateur.

Jamais de frigo pour la tomate car cela va tuer son goût, ni pour la pomme de terre car cela va transformer l’amidon qu’elle contient en sucre.

A l’abri de la lumière : les bulbes (oignon, ail, échalote) et les pommes de terre, pour éviter qu’ils germent.

La congélation : seuls les légumes à faible teneur en eau se congèlent bien : donc pas pour les tomates ni les courgettes, sauf si elles sont cuisinées.

Une courgette monstrueuse en revenant des vacances
Une courgette monstrueuse en revenant des vacances

Et vous ?

Avez-vous le souvenir d’une étourderie particulière que vous avez faite au potager ? Comment ça s’est terminé ? Racontez-nous dans les commentaires !

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  • un article pratique où je vous apprends une nouvelle technique de culture que vous pourrez appliquer chez vous,
  • ou une vidéo qui vous montre ce qui pousse maintenant dans mon potager (y compris les ratages et les leçons à en tirer).
lm Général

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Réponses

Les commentaires :
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  1. Michelle (Indre)

    Bonjour Nicolas, est-ce le bon endroit pour poster ? je ne sais pas. J’ai obtenu une bonne quantité de tonte de gazon sur mon terrain. Puis-je le stocker en tas dans un coin en attendant de l’utiliser comme paillage ou en mélange en compost ? Il va pourrir je suppose et sera-t-il opérationnel après ? Merci à toi

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Michelle,
      En tas, la tonte de pelouse va chauffer et entrer en fermentation. Le résultat sera une masse visqueuse qui va ensuite sécher en plaques difficiles à défaire.
      Ce n’est donc pas à faire, mais plutôt l’étaler immédiatement comme paillage sur les parcelles potagères en couche fine (3 cm maxi). Ou bien la mélanger au compost si celui-ci contient déjà beaucoup de matières sèches, sinon rajouter aussi des feuilles mortes ou de la paille pour équilibrer.

      Avatar de nicolas
  2. Eric

    Bonjour Nicolas, je donne une astuce que certains doivent connaitre et qui a fait son effet cette année pour les tomates (grace a votre technique des semis bouteilles), j’ai acheté progressivement des diffuseurs d’eau en céramique et que l’on plante au pied des tomates avec une bouteille vissée dessus, diffuseur réutilisable et en revenant j’ai de magnifiques pieds de tomates qui m’attendaient, plus qu’a attendre le rougissement, mais les tomates cerises étaient sur certains pieds déja bien consomables. le diffuseur est un peu onéreux a l’achat mais il dure des années, donc a voir

  3. Lalou

    Énorme erreur :j’ai déposé tout l’hiver mes épluchures de légumes au jardin sans séparer les graines des courges,résultat:les plants envahissent le jardin,étouffent les autres légumes et c’est difficile de les arracher sans trop bousculer ces derniers…

    1. Mana 56

      Bonjour Lalou, coupez-leur juste la tête et laissez les racines en terre pour une méthode rapide et salutaire…. Sans stress pour les autres plants !

      1. eric

        j’ai fait moi meme la meme “erreur” et j’ai plein de pieds de tomates, qui vivront si ils le peuvent

  4. Brigitte

    Encore merci pour tous vos précieux conseils !!

  5. Michel

    Bonjour Nicolas
    Une question qui n’a pas de rapport avec le sujet, et je m’en excuse…. Mais avant de me débarrasser d’un bon tas de feuilles de chêne. Serait il bien de recouvrir mon potager avec pour cet hiver ?
    Encore mille excuses !! et merci

    1. nicolas (Toulouse)

      Bonjour Michel,
      Oui les feuilles de chêne feront un bon paillis pour cet hiver… ou même pour maintenant !
      En été, elles empêcheront l’eau de s’évaporer de la terre.
      Par contre elles sont assez longues à se décomposer si vous souhaitez qu’elles aient en plus un effet nutritif sur la terre.
      On peut les broyer en passant la tondeuse dessus, ce qui accélèrera leur décomposition une fois qu’elle seront étalées au potager.

      Avatar de nicolas
      1. Michel

        Merci Nicolas,
        Si quelqu’un veut des feuilles de chêne…. Pas de problème j’habite dans un bois et j’en ai largement assez pour satisfaire tous les lecteurs du blog !!

        1. Madeleine

          Salut Michel, bien de donner des feuilles de chêne, mais d’où es-tu ? Il ne faut pas faire 100 km pour aller les chercher…… ce ne serait pas rentable.

          1. Michel

            Bonsoir Madeleine
            Je suis dans le 87 près de Limoges en direction d’Angouléme

        2. Madeleine

          Dommage, c’est beaucoup trop loin pour moi. Je suis de la Drôme……

  6. Cathy

    Bonjour Nicolas,
    Je reviens de 15 jours de vacances et j’ai déjà commis en ce début d’été au moins 3 erreurs détaillées dans cet article (que je garde bien précieusement).
    Concernant les poireaux, pouvez-vous m’indiquer à quel moment il faut les buter?
    Merci d’avance pour votre retour.

    1. Viviane

      bonjour Cathy,
      nous buttons les poireaux dès qu’ils font environ 20 cm de hauteur, pour avoir des blancs plus longs. Répétition environ 6 à 8 semaines plus tard. On peut avoir le même résultat en augmentant l’épaisseur du paillis… Bonne récolte

      1. Cathy

        Merci pour votre réponse Viviane, je vais donc commencer à les buter.
        Par contre, il me semble avoir lu qu’il faut couper les feuilles vertes à un moment afin de renforcer le blanc, confirmez-vous? Si oui, quand doit-on y procéder ?
        Cordialement

  7. Odette

    merci pour vos bons Conseils
    J’ai une question je suis envahie de trèfle avec petites boules racines qui se propage dans tous mes massifs merci à l’avance

    1. sophie

      vos treffles sont de l’oxalis;plus vous remuer la terre et plus il se divisent car une toute petite bille refait une plante qui produit une dizaine de bulbilles qui chacune referont une plante ,donc remuer le moins possible la terre et arracher les feuille pour vous en servir de paillit ou de salade c’est trés bon, ca remplace la roquette qui maintenant monte en graine ou est dévore par les altises

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