Article n°3 de la série : Greffons nos tomates ensemble
Ceci est le 3ème article d'une série. Si vous prenez la série en cours de route, vous pouvez retrouver ici tous les articles de la série "Greffons nos tomates ensemble".

Dans le planning global de la série, nous entrons ici dans la phase 2 : la semaine des semis. En réalité, ce n’est pas toujours “une” seule semaine : chez moi, cette phase s’étale plutôt sur 10 à 15 jours, le temps de faire lever toutes les graines dans de bonnes conditions.
Avant d’aller plus loin, je rappelle un point important :
Je ne cherche pas à enseigner une méthode universelle de greffage à la japonaise. Je montre ma méthode, dans mon contexte, avec mon matériel, et j’explique pourquoi je fais comme ça et pourquoi cela fonctionne chez moi.
À partir de là, si vous semez déjà vos tomates avec succès, vous pouvez tout à fait conserver vos habitudes : je ne vais pas refaire ici un cours complet sur “comment semer une tomate”. Je vais surtout insister sur ce qui devient spécifique dès qu’on se lance dans le greffage.
Et justement, qu’est-ce qui change quand on greffe ?
Une seule chose : le jour du greffage, le porte-greffe et le greffon doivent avoir des tiges de même diamètre.
Pour y arriver, je m’appuie surtout sur l’observation de leur vitesse de croissance, car les porte-greffes et les variétés greffées n’avancent pas au même rythme. Concrètement, je sème d’abord les greffons, puis je décale les porte-greffes : soit environ une semaine après, soit au fil des levées, ce que je détaillerai plus loin.
Vue d’ensemble : ce que l'on cherche à réussir dès le semis
Quand on s’apprête à greffer, le semis n’est pas juste une étape “pour avoir des plants”. C’est déjà le moment où je mets toutes les chances de mon côté pour que la suite se déroule simplement.
Mon objectif, à ce stade : arriver le jour du greffage avec des plants faciles à manipuler, et surtout compatibles entre eux. “Compatibles”, ici, veut dire deux choses très concrètes :
- des tiges droites et bien fermes, qui se tiennent bien quand on les coupe et qu’on les assemble ;
- et un diamètre de tige comparable entre les porte-greffes et les greffons, pour que l’assemblage soit net.
À partir de là, tout ce que je fais dans cette phase vise à éviter deux pièges classiques :
- Se retrouver avec des plants trop filés (tiges longues, fines, fragiles), qui compliquent la manipulation et rendent le greffage plus délicat.
- Se retrouver avec des lots désynchronisés (porte-greffes trop fins ou au contraire greffons trop fins), ce qui oblige à improviser ou à attendre que les plants grossissent en s'inquiétant.
Ce qui est important, c’est de ne pas chercher la “perfection” dès le départ. On cherche plutôt à partir sur de bonnes bases, puis à ajuster au fur et à mesure. Et des écarts de croissance, il y en aura toujours, et ce n’est pas grave.
C'est pourquoi je ne fige pas à l’avance quel greffon ira sur quel porte-greffe. Je peux très bien recomposer les couples plus tard, en regardant les diamètres réels des plants.
Organisation d’une session de semis (avant de toucher aux graines)
Avant même d’ouvrir un sachet de graines, je commence par préparer mon “poste de travail”. Le but est simple : une fois que je me lance, je veux pouvoir enchaîner sans improviser, parce que c’est souvent l’improvisation qui amène les oublis… et dans un semis de greffons / porte-greffes, un oubli peut vite coûter cher.
Le matériel que je mets en place
Je regroupe d’abord tout ce dont je vais avoir besoin, au même endroit :
- les contenants (godets, alvéoles, mottes, selon ce que j'ai décidé cette année)
- le terreau et de quoi l’humidifier
- les étiquettes et le marqueur
- Et comme je fais lever au chaud, tout ce qui va avec : caisse(s), couvercle(s), tapis chauffant.

La feuille de route
Je me note sur un papier ce que je vais semer :
- Quelles variétés,
- Dans quel type de contenants,
- En quelles quantités.
Le point non négociable : l’étiquetage, avant le semis
Je prends toujours le temps d’étiqueter avant de semer. Pas après, pas “quand j’aurai fini”, pas “je m’en souviendrai”.
Sur chaque étiquette, j’écris au minimum :
- la variété
- et la date du semis
Pourquoi j’insiste autant ? Parce que sur 10 à 15 jours, avec plusieurs séries (et parfois des semis décalés “au fil des levées”), il devient très facile de confondre un godet, de déplacer une étiquette, ou de mélanger deux lots. Or, dans le cadre du greffage, une confusion peut vous faire perdre la logique de synchronisation, et vous ne vous en rendrez compte que bien plus tard.

Une petite vérification qui évite bien des soucis
Avant de semer, je fais aussi une vérification rapide :
- Est-ce que j’ai bien séparé ce qui concerne les greffons et ce qui concerne les porte-greffes ?
- Est-ce que je sais déjà où ira chaque lot juste après (au chaud pour la levée, ou directement sous lumière / en véranda, selon votre configuration) ?
Une fois que tout est en place, seulement là je passe au semis. Ainsi, le jour où je sème, je suis concentré sur l’essentiel : faire des semis propres, bien identifiés, et faciles à surveiller les jours suivants.
Quelles quantités semer (pour éviter la frustration)
Quand on cultive des tomates “classiques”, on peut souvent se permettre de semer juste ce qu’il faut, avec une petite marge. En greffage, je vous conseille d’être un peu plus large, pour une raison simple : même en faisant tout correctement, le taux de réussite n’est jamais de 100%. Il peut y avoir des pertes à trois moments différents :
- au semis (graines qui ne lèvent pas, plantules moins belles)
- pendant la croissance (un plant qui file, un lot qui prend trop d’avance, une casse accidentelle)
- au greffage et à la cicatrisation (greffe qui ne prend pas, plant qui décline après la sortie)
Ma règle de base : semer “en trop” dès le départ
Plutôt que de faire le radin ou d'être joueur, je préfère prévoir une marge qui me laisse de la liberté le jour du greffage.
- Si vous débutez et que vous n’avez encore aucun repère sur votre taux de réussite, je conseille de prévoir au moins le double de plants (oui, c’est large, mais c’est ce qui évite les déceptions).
- Si vous avez déjà un peu d’expérience et que vous êtes plutôt à l’aise sur les gestes, une marge de la moitié des plants en plus est généralement suffisante.
Autrement dit, si vous n'avez jamais fait de greffage et que vous voulez obtenir 10 plants greffés au final, semez plutôt 20 porte-greffes et 25 greffons.
Cela peut paraître beaucoup, mais ce surplus a deux avantages très pratiques :
- vous pouvez sélectionner les plus beaux plants (ceux qui sont bien droits, trapus, homogènes) ;
- et surtout, vous ne vous retrouvez pas sans rien si une partie des greffes ne réussit pas.
Pourquoi je prévois un peu plus de greffons que de porte-greffes ?
Dans la pratique, j'ai remarqué que les porte-greffes (qui sont des hybrides F1) poussent tous de façon assez homogène, par contre ce n'est pas le cas des greffons (souvent des variétés anciennes) qui sont plus disparates.
Semer plus de greffons, cela donne plus de marge pour assembler des couples au bon diamètre le jour J.
Une astuce pour sécuriser le semis
Au moment de semer, je prends toujours une marge de sécurité car le taux de germination des graines ne sera peut-être pas de 100%. J'applique cette règle :
- 3 graines par trou si le sachet a déjà été ouvert,
- 2 graines par trou si le sachet est neuf.
Puis quand les plantules font quelques cm de haut, je ne garde que la plus belle.
Être large en nombre de plants, c'est la seuls façon d’éviter le scénario catastrophe du greffage, où l’on arrive au moment crucial avec trop peu de plants, et donc sans aucune marge de manœuvre.
Choix de contenants différents pour greffons et porte-greffes (et pourquoi)
C’est un point qui surprend souvent quand on débute en greffe : je ne traite pas les greffons et les porte-greffes de la même façon, et c’est volontaire. Les deux plants n’auront pas le même destin, et cela influence directement le choix des contenants.
Greffons : des petits contenants sont préférables
Pour les greffons, je me permets d’être “léger” sur le volume de terreau. Pourquoi ? Parce que le greffon, au final, ne gardera pas ses racines : le jour du greffage, on coupe la tête du greffon… et les racines du greffon ne servent plus. Autrement dit : il n'y a pas besoin qu'il se fabrique un système racinaire puissant, on a surtout besoin d’obtenir une tige saine, droite, au bon diamètre.
Dans ma pratique, les greffons restent environ 3 à 4 semaines dans leur godet avant le greffage. Sur cette durée, un petit contenant suffit largement.
Selon vos habitudes, vous pouvez obtenir ce résultat de plusieurs façons. Je cite ici celles que j’utilise ou que je considère compatibles avec l'objectif :
- semis en terrine, puis repiquage en godets de 6 cm,
- ou semis direct en godets de 6 cm (un à deux plant par godet),
- ou bien semis de 4 plants dans un godet de 7 cm (ce que je fais quand je veux gagner du temps et de la place au départ). Dans ce cas je ne mets qu'une graine aux 4 coins du godet.
Porte-greffes : contenants plus grands… mais semés “petit” au départ
Pour les porte-greffes, c’est l’inverse : eux, on va les garder jusqu’à la plantation au potager. Ce sont leurs racines qui apporteront de la vigueur ensuite, on a donc intérêt à leur donner un contenant final plus confortable.
Chez moi, le contenant final des porte-greffes, ce sont des godets carrés profonds de 8 cm de côté.
En revanche, je ne sème pas directement dedans. Ce n’est pas parce que ça ne marcherait pas, mais c'est plutôt du bon sens : ces godets prennent de la place, consomment beaucoup de terreau, et tant que les plantules sont petites, c’est du volume immobilisé pour rien. Je préfère donc semer d’abord dans un format plus compact, puis rempoter ensuite.
Pour ce semis, là encore différentes solutions sont possibles :
- semis en terrine, puis repiquage dans les grands godets,
- ou semis dans des plaques alvéolées ou dans des petits godets, puis rempotage ensuite,
- ou encore semis dans des mottes faites au presse-motte, puis rempotage ensuite.
À quel moment rempoter les jeunes porte-greffes dans leurs godets de 8 cm ? Je le fais au moment où apparaissent les deux premières vraies feuilles (après les cotylédons). À ce stade, je trouve que le plant est assez robuste et que le transfert se fait bien.
Avertissement sur les semis en terrine :
Certains jardiniers (c'est peut-être votre cas) préfèrent semer leurs tomates en terrine puis repiquer. Personnellement, je préfère éviter cette option, tant pour les greffons que pour les porte-greffes : dans mon expérience, quand les racines sont trop dérangées, cela peut entraîner un petit temps de reprise, et ce délai suffit parfois à compliquer la synchronisation. On cherche justement à limiter les à-coups.
Mais si vous tenez vraiment à le faire, il vaudrait mieux, je pense, le faire pour les deux types de plants et non pour un seul type.
Pourquoi la “technique de la bouteille” ne convient pas ici
Je précise aussi ce point pour éviter les mauvaises surprises : la technique de la bouteille que je recommande tout le temps pour les semis de tomates n'est pas du tout pratique pour les greffes.
En effet, cela consiste à semer dans assez peu de terreau au fond d’une bouteille, puis à compléter le niveau plus tard, au fur et à mesure de la croissance du plant.
Le problème c'est que pour greffer, on doit sectionner la tige à un endroit précis. Dans une bouteille, on aurait beaucoup de mal à accéder au bas du plant. Et en rajoutant du terreau par la suite, on enterrerait le point de greffe, ce qui est à éviter.

En rose, un godet de 6 que je n'utilise pas mais qui aurait pu servir à semer 2 greffons ou un porte-greffe avant rempotage dans un godet plus grand.
Cette année j'utiliserai un presse-mottes pour mes portes-greffes.
Cotylédons et vraies feuilles : un repère utile… y compris pour le greffage.
Si vous n’avez pas l’habitude d'y faire attention, ce petit point de vocabulaire peut vous éviter une confusion classique.
Quand une graine de tomate lève, les deux premières feuilles que vous voyez apparaître ne sont pas de "vraies" feuilles : ce sont les cotylédons. Ils sont lisses, de forme plutôt ovale, et ils servent de réserve au tout début de la vie de la plantule et à assurer la première photosynthèse.
Les vraies feuilles, elles arrivent juste après. On les reconnaît facilement : elles ont déjà l’allure typique d'une feuille de tomate, avec un contour plus découpé (dentelé), et une forme plus complexe.
Ce repère est utile à deux moments :
- Pour le rempotage des porte-greffes (ou le repiquage des terrines pour ceux qui les utilisent) : quand je parle de rempoter dans les godets de 8 cm, je ne le fais pas au stade des cotylédons. J’attends l’apparition des deux premières vraies feuilles, car les plantules sont déjà bien lancées et surtout moins fragiles.
- Pour le greffage : le jour où vous greffez, vous allez sectionner les tiges à un endroit précis. Et, selon la technique exacte et la façon dont vous positionnez votre clip, vous pourrez être amené à couper juste au-dessus des cotylédons, ou au contraire en dessous. Savoir repérer instantanément cotylédons et vraies feuilles vous aide donc à vous situer sur la tige, et à travailler proprement, sans hésitation.

Mon calendrier de semis : d’abord les greffons, puis les porte-greffes
La question qui revient le plus souvent au moment de préparer ses semis, c’est celle-ci : qui faut-il semer en premier : les greffons ou les porte-greffes ?
Dans une logique de greffage, il y a un point qu’il faut avoir en tête dès le départ : comme on utilise des variétés de dédiées au greffage (des hybrides F1 sélectionnés pour leur vigueur), elles poussent plus vite et leur tige s'épaissit plus vite que les greffons. C’est précisément leur rôle : apporter de la vigueur grâce à un système racinaire puissant.
Conséquence immédiate : si vous semez porte-greffes et greffons en même temps, vous risquez d’arriver au moment du greffage avec des porte-greffes déjà trop gros. C’est pour cela que, chez moi, je sème toujours les greffons en premier, puis je décale les porte-greffes.
Pour créer ce décalage, j’utilise deux approches possibles.
Option 1 : Simple et efficace : semer les porte-greffes pile 7 jours après
C’est l’option la plus facile à appliquer quand vous voulez éviter la prise de tête :
- vous faites une première session : semis des greffons ;
- puis une deuxième séance une semaine plus tard : semis des porte-greffes.
C’est une méthode “en deux fois”, très pratique quand on a beaucoup de plants à produire, parce que tout est groupé.
Option 2 : Plus souple : semer les porte-greffes au fil des levées des greffons
Cette option demande un peu plus de suivi, mais elle est très efficace si l'on préfère ajuster en temps réel (ce qui est mon cas) :
- on sème tous les greffons (souvent plusieurs variétés très différentes de tomates anciennes),
- puis, dès qu'on observe qu'une plantule vient d'apparaître, on sème un porte-greffe, sauf si la levée a eu lieu avant 7 jours, auquel cas on attendra quand même que les 7 jours soient atteints .
- On continue ainsi à semer les porte-greffes un par un, jusqu'à la levée du dernier greffon.
L’idée c’est de s’appuyer sur un repère visible. Cela crée naturellement le décalage, surtout lorsque les greffons ne lèvent pas tous exactement en même temps.
Cette 2ème option est surtout utile pour tenir compte des graines des greffons qui seraient un peu longues à lever. Pour les greffons qui lèvent très vite, on garde quand même un décalage minimum de 7 jours pour semer son porte-greffe pour éviter que ce dernier ne prenne trop d'avance.
Par exemple :
- une variété A de greffon qui lève déjà au bout de 5 jours : on attendra encore 2 jours avant de semer son porte-greffe.
- une variété B de greffon qui prend son temps pour lever au bout de 10 jours seulement : on sème son porte-greffe immédiatement le 10ème jour.
Mais comme je vous le disais, même en gérant bien le décalage initial, il est normal d’avoir des variations. Au moment de greffer, on regardera les diamètres réels et on assemblera les plants qui correspondent.
Ce que je fais concrètement le jour du semis (mon protocole)
Dans cette partie, je ne cherche pas à vous “enseigner la bonne manière de semer”. Je vous décris simplement comment je procède, parce que ces étapes m’aident à obtenir des levées régulières et des plants trapus, ce qui facilite toute la suite du greffage.

Je sème à 5 mm et je garde l’humidité
Une fois mes contenants prêts et étiquetés, je sème à une profondeur d’environ 5 mm, puis je fais en sorte que le substrat ne se dessèche pas pendant la levée : soit avec un couvercle transparent, soit avec un film alimentaire sur les mottes.
Je vise 22°C au niveau du terreau
Pour la germination, j’utilise un tapis chauffant. Mon objectif est d’obtenir environ 22°C au niveau du terreau. C’est la température idéale pour donner chez la tomate des levées rapides et régulières.
Je surveille matin et soir, et je transfère dès que "ça pointe"
Le temps que ça lève, je jette un œil matin et soir. Et dès que j’aperçois le tout premier signe de germination (le petit “point blanc ou vert” qui annonce que la tige va sortir du terreau), je transfère le godet dans une deuxième caisse, celle qui est dédiée à la phase suivante.
Pourquoi je fais ça ? Parce que je veux que le plant bascule le plus tôt possible dans de bonnes conditions de lumière. Je préfère ça plutôt que d’attendre que tout soit sorti, au risque de voir les premières plantules filer.
À partir de là : 16 h de lumière par jour
J’allume l'éclairage à LEDs pour viser environ 16 heures de lumière par jour. Pour ne pas oublier, j'ai mis en place une petite habitude : je les allume le matin dès que je me lève, et je les éteins le soir avant de me coucher.
Avec ma rampe à LEDs qui fait une vingtaine de watts, j'ai déterminé que la bonne distance par rapport aux plants, c'est à 10 cm du feuillage. Un bon éclairage c'est crucial pour obtenir des plants compacts, droits et fermes, quine filent pas.
Le tapis chauffant n'est plus utile pour cette phase de croissance (et même contre-productif), mais il le sera à nouveau pendant la phase de cicatrisation.
Après la levée : 19°C le jour, 15°C la nuit
Pendant la phase de croissance avant greffage, on cherche à obtenir des plants solides et trapus.
Chez moi, je vise environ 19°C en journée et 15°C la nuit. Pour y arriver, je mets la caisse dans une pièce à vivre normalement chauffée en journée, et je déplace la caisse dans une zone plus fraîche pour la nuit. Nous avons une petite pièce inutilisée qui n'est pas chauffée, et au besoin, j’entr’ouvre très légèrement (1 ou 2 cm pas plus !) sa fenêtre la nuit.
Je précise que ces températures sont celles que j'arrive à maintenir facilement dans ma maison, mais chaque maison est différente. Donc si vous êtes un peu au-dessus ou un peu en dessous, ce n’est pas un souci. La conséquence, c’est simplement que la vitesse de croissance changera un peu, donc que le planning s’étirera ou se raccourcira un peu aussi.

L'importance de la lumière
Sur les tomates, et encore plus quand on prépare un greffage, l'apport de lumière est une question à prendre très au sérieux. Ce n’est pas un luxe, c’est ce qui conditionne directement la qualité des plants, et donc la facilité du greffage ensuite.
Pourquoi j’insiste autant sur la lumière
Un plant qui manque de lumière a tendance à s’allonger et à filer : la tige devient plus fine, plus souple, et plus fragile. Or, pour greffer, ce n’est pas ce qu'on cherche. On a besoin de tiges qui se tiennent, avec un diamètre régulier.
C’est pour cette raison qu'il ne faut pas compter sur un simple rebord de fenêtre, même bien exposé. Cela marchait autrefois quand les maisons étaient moins bien isolées, moins chauffées et avec du simple vitrage, les plants pouvaient se contenter de moins de lumière. Mais de nos jours, nos habitations ont bien changé, et par rapport à la température qu'il fait dans nos maisons, la quantité de lumière apportée par une fenêtre est largement insuffisante.
C'est pour cela qu'un éclairage artificiel économique de type LED se révèle indispensable.
Alternative possible : une véranda bien exposée
Si vous avez une véranda, cela peut être une excellente solution, à condition qu’elle soit :
- très lumineuse (avec un toit vitré et vraiment “plein soleil” durant la journée),
- et pas glaciale la nuit (pas en-dessous de 10°C).
Dans ce cas, vous pouvez vous passer d’éclairage artificiel, tout en obtenant des plants bien trapus.
Si vous voulez comprendre en détail l'importance de créer un écart de température jour/nuit et comment cela joue sur la croissance (notamment sur le filage), je l’explique dans cet article :
Plants de tomates filés : ce n'est pas qu'un problème de lumière

L'arrosage après la levée : ce que j’observe et comment je m’y prends
Après la levée, l’arrosage devient vite une question sensible, surtout quand on a envie de “bien faire”. Et justement, dans mon expérience, le piège le plus fréquent, c’est d’arroser trop.
Mon observation : trop d’eau = plants moins faciles à greffer
Quand le substrat reste en permanence très humide, j’ai observé que les plants étaient plus “tendres” : les tiges qui se tiennent moins bien, et on a une sensation de plants gorgés d’eau. Ce n’est pas un dramatique pour faire un plant de tomate classique, mais pour le greffage, je trouve que cela rend les gestes moins précis. C’est une des raisons pour lesquelles je préfère un arrosage mesuré.
L’idée n’est surtout pas de laisser les plants souffrir de la soif, mais simplement d’éviter un substrat constamment détrempé : je cherche un juste milieu.
Mes deux repères pour décider d’arroser : Je ne me fixe pas un calendrier du style “j’arrose tous les X jours” mais je m’appuie sur deux repères très concrets :
- La surface du terreau : quand sa couleur devient plus claire et qu’elle n’a plus cet aspect “humide foncé”, je sais que je peux arroser.
- Le poids du godet : avec l’habitude, on sent immédiatement si le godet est encore lourd (réserve d’eau) ou s’il devient nettement plus léger.
Ces deux repères sont très pratiques au quotidien.
Ma technique d’arrosage : plutôt par le bas
La plupart du temps, j’arrose par le bas : je mets les godets à tremper dans un plateau rempli d'eau (ou je verse un fond d'eau dans la caisse) et je laisse le terreau des godets "pomper" l’eau. Chez moi, un trempage d’environ 15 minutes fonctionne bien.
L’intérêt, c’est que ça humidifie le terreau de façon homogène, sans mouiller le feuillage des plants (ce qui n'est jamais une bonne idée). Et comme le but, c'est d’éviter les excès, je préfère un bon trempage, puis laisser le terreau revenir progressivement vers un état un peu plus sec, plutôt que de rajouter un peu d’eau tous les jours.
Conclusion de cette phase : ce que l'on veut obtenir à la fin de la levée
Cette phase “semis + levée” a un objectif très simple : obtenir un bon démarrage des plants. À ce stade, je ne cherche pas encore à régler finement la synchronisation : cela viendra surtout dans la phase suivante, pendant la croissance.
Concrètement, à la fin de la levée, on veut avoir trois choses :
- Des plants sains et réguliers, qui ne filent pas : tiges droites, croissance compacte, pas de plant “mou” ou fragile.
- Des lots parfaitement identifiés, avec des étiquettes claires (variété + date), parce que sur une série de semis étalée sur 10 à 15 jours, c’est ce qui évite les confusions.
- Un démarrage homogène, c’est-à-dire des plantules qui ont rapidement basculé dans de bonnes conditions (lumière suffisante, températures cohérentes, substrat ni détrempé ni sec).
Si vous obtenez cela, vous avez fait l’essentiel pour cette phase. Le reste : la façon de garder les plants trapus, de gérer les vitesses de croissance et d’arriver au bon diamètre au bon moment, ce sera justement ce que je détaillerai dans l’article suivant : la phase de croissance avant greffage.
J'espère que tout cela vous passionne autant que moi et je serais heureux de répondre à toutes vos questions dans les commentaires !
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