Cet été, les conditions sont particulièrement difficiles au potager. Ici à Toulouse, la chaleur s'est installée très tôt et les épisodes de canicule se succèdent presque sans interruption depuis le début de l'été.
Malgré cela, mon potager a plutôt bien résisté.
Tout n'est pas rose bien sûr : certaines cultures ont séché, d'autres produisent moins que prévu, et quelques-unes ont clairement souffert de la chaleur. Mais les protections que j'avais mises en place dès la fin du printemps et un arrosage soutenu ont permis de limiter les dégâts.
Je vous propose donc de faire un petit tour du potager, culture par culture, pour voir ce qui pousse bien en ce moment, ce qui résiste tant bien que mal, et ce qui a davantage souffert.
Laitues batavia
C'est la variété 'Canasta' qui ne me déçoit jamais en été. Leur diamètre est modeste (20 cm) parce qu'il fait trop chaud, mais elles résistent grâce au bac à réserve d'eau dont je vous ai déjà parlé.

Betteraves, poireaux, pommes de terre
Pas de souci particulier, ils grossissent lentement mais sûrement du moment qu'ils ont de l'eau.
Le poireau est un légume qui préfère la fraîcheur, donc ne pas s'étonner s'ils restent encore assez fins. Ils grossiront en automne.

Au premier plan : haricots nains et betteraves poussent bien.
Toutes les cucurbitacées
Il s'agit des concombres, courgettes, melons, potimarrons, butternut. Tous se portent à merveille et produisent sans discontinuer, même ceux qui sont à un endroit de mon jardin sans protection contre le soleil. C'est pareil pour les aubergines.

Les haricots (nains)
La formation de fleurs (et donc de haricots) est assez ralentie, mais grâce à plusieurs séries échelonnées que je sème toutes les 3 semaines, il y a de petites récoltes en permanence.
Ma variété préférée en toute saison reste 'Contender'. J'ai la première série de l'année (semée le 6 avril en godets à la maison et plantée le 18 avril) qui a produit par petites vagues successives de de début juin jusqu'à fin juillet. C'est un autre avantage de cette variété de produire aussi longtemps (pendant 2 mois !).
Les légumes exotiques
Les rangs de soja (aussi appelé edamame) et de gombo (aussi appelé okra) donnent normalement, sauf l'une des deux variétés de soja a ses gousses qui sont restées désespérément plates sans que le grain grossisse.
Les 2 pieds de physalis par contre sont morts de chaud.
Les choux
C'est toujours très difficile de leur faire passer l'été ici, dans le sud, car je dois lutter contre de nombreux parasites qui arrivent en même temps : chenilles, altises, mouches blanches.
J'ai quelques choux-raves (la grosse variété Superschmelz qui tient bien en été) et des jeunes plants de choux pommés, en godets.

Choux pommés (attention aux petites limaces vertes presque invisibles), choux-raves, scaroles et laitues (une petite chenille de 5mm que je ne connais pas en a malheureusement dévoré le coeur).
Ce ne sont pas les plus beaux plants du monde mais ils ont le mérite de survivre malgré les conditions étouffantes. L'après-midi, le soleil tourne et ils sont heureusement à l'ombre.
Les tomates
Depuis quelques années que nous avons des étés comme ça à Toulouse (eh oui, on a pris de l'avance sur le reste du pays 🙁) mes pieds de tomates ne sont plus jamais remplis de fruits à tous les étages.
Il y a quelques récoltes en bas, puis le milieu des pieds est vide à cause de la chaleur qui a fait sécher les fleurs, puis le haut est ensuite garni en fin de saison.
Sans compter les punaises vertes (et nouveauté cette année : des punaises rouges allongées) qui piquent de nombreux fruits.
Après avoir essayé beaucoup de choses ces dernières années, je privilégie de plus en plus les variétés de petit calibre (tomates de 5 à 7 cm de diamètre / tomates cocktail / tomates cerise) car elles mûrissent beaucoup plus vite que les grosses. Par exemple Joyau d'Oaxaca, Green Zebra, Rose de Berne (un peu plus grosse mais toujours une de mes préférées en goût).
Une bonne chose tout de même, mais que j'ai du mal à expliquer : cette année PAS de tomates qui refusent de mûrir en restant vertes, peut-être grâce aux douches que je leur fait prendre plusieurs fois par semaine, qui rafraîchissent les plantes et leur évite de se bloquer ?
J'ai quand même eu quelques belles récoltes très précocément fin juin pendant une quinzaine de jours grâce à une "erreur" de timing si on peut dire : pour préparer ma série d'articles sur le greffage, j'ai fais un lot de semis très tôt dans la saison, le 15 février, plantation le 15 avril. À refaire l'année prochaine !
En passant, je dois vous dire que je n'ai pas noté de réelle différence entre les pieds greffés et les non greffés. Cela ne m'étonne pas car pour qu'un plant greffé puisse exprimer tout son potentiel, il faut des conditions de culture "normales" avec des journées à 25°C et des nuits à 15°C !

Le greffage n'a semble-t-il aucune influence positive sur la résistance à la chaleur, c'est bien dommage.
Une chose que je referai l'année prochaine aussi, c'est de conduire davantage de pieds (et pourquoi pas tous) en buisson, en les contenant dans des "cages" en grillage, c'est-à-dire sans tailler du tout les gourmands.
Les pieds restent compacts, très feuillus, et supportent mieux la canicule. En plus cela facilite certaines expérimentations comme entourer le pied d'un voile pour protéger du soleil et garder un peu d'humidité durant la canicule, comme me l'ont relaté certains d'entre vous.
Un autre essai qui a porté ses fruits (sans jeu de mots 😉) c'est d'avoir semé aussi quelques variétés dites "déterminées", ce sont des variétés qui s'arrêtent de grandir à 1 m de hauteur environ et dont les tomates mûrissent presque toutes en même temps, la plus connue étant la 'Roma' utilisée pour faire des sauces car elle n'a pas un goût extraordinaire.
J'ai donc semé la variété déterminée 'Délice d'Or' et à ma grande surprise, elle a continué de produire malgré la canicule (et ses fruits ont un bon goût un peu sucré). L'année prochaine, je compte confirmer (ou pas) ce comportement avec d'autres variétés déterminées.

Celle-là s'appelle 'Délice d'Or' et à ma grande surprise, elle a produit en quantité même pendant la canicule.
Revers de la médaille : les fruits ont été énormément piqués par les punaises vertes et sont inconsommables à part quelques-uns.
Alors pourquoi, cette année encore, mon potager a résisté malgré les températures extrêmes ?
Parce que les protections étaient prêtes depuis longtemps :
- Filet d’ombrage installé dès mi-juin,
- Sol paillé pour éviter que la terre soit "brûlée" par les rayons du soleil,
- Irrigation au goutte-à-goutte programmée à 6h du matin (10 minutes chaque jour) plus des compléments à l'arrosoir pour les plantes exigeantes (par exemple les concombres).
Je n'insisterai jamais assez sur l'importance de l'arrosage pendant les périodes de canicule.
Selon la nature de votre terre, ce sera tous les 3 jours, tous les 2 jours voire même tous les jour (mais en moindre quantité) comme chez moi où ma terre caillouteuse est très drainante garde peu l'eau.
Je sais bien que tout le monde n'est pas dans la même situation face à l'eau.
Certains jardiniers cultivent sur une parcelle éloignée de leur habitation, parfois sans robinet ni réserve d'eau à proximité. Dans ces conditions, lorsqu'une sécheresse se prolonge pendant plusieurs semaines, maintenir un potager en vie peut devenir extrêmement compliqué, voire impossible pour certaines cultures. On peut pailler, ombrer et choisir des plantes plus résistantes, mais il arrive un moment où ces techniques ne peuvent plus remplacer l'eau dont les légumes ont besoin.
D'autres jardiniers disposent d'un point d'eau, mais hésitent à utiliser l'eau du réseau pour leur potager, notamment par souci d'économie ou pour limiter leur consommation. C'est une préoccupation que je comprends.
Il faut cependant garder en tête qu'un potager productif a forcément besoin d'eau. Les légumes que nous achetons ont eux aussi dû être irrigués tout au long de leur culture.
Et les quantités nécessaires ne représentent pas toujours la dépense que l'on imagine. Avec un prix de l'eau de 4 euros le mètre cube par exemple, un arrosoir de 10 litres revient à 4 centimes seulement !
Et si l'eau que vous avez à disposition est limitée, ne cherchez pas à sauver tout le potager. On peut faire des choix : concentrer les arrosages sur les tomates, les courgettes ou quelques rangs de légumes dont on attend encore une récolte, et accepter de laisser se débrouiller sans eau d'autres cultures moins importantes.

Je l'enlèverai en septembre quand le soleil tapera moins fort.
En conclusion
Au final, ce que je retiens surtout de cet été (qui n'est pas fini !), c'est qu'avec des épisodes de chaleur aussi longs, il devient vital d'anticiper les choses dès le début de la saison potagère.
Les protections les plus efficaces sont celles que l'on a pensé à préparer longtemps à l'avance :
- Se procurer et stocker du paillis (tontes, plantes sèches, foin, paille, feuilles mortes...) en hiver,
- Réfléchir à un système d'ombrage pratique et efficace (plantes hautes comme des tournesols, structure en bois avec filet d'ombrage),
- Mettre en place un système d'arrosage qui facilite le travail et stocker de l'eau de pluie si on peut,
- Faire des semis plus tôt dans la saison, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en faisant 2 ou 3 semis de chaque légume, espacés de quelques semaines.
Tout ceci n'empêche pas les échecs. J'en ai eu cette année encore, et il y en aura certainement d'autres. Mais petit à petit, j'arrive à avoir un potager qui est capable d'encaisser ce genre d'étés difficiles.
Et c'est dans cette direction que nous allons être obligés d'aller dans les années qui viennent : ne plus chercher à cultiver comme "avant", mais adapter peu à peu nos façons de faire, ce qui nous permettra d'obtenir tout de même de belles récoltes malgré les fortes chaleurs.
Tous les dimanches matin, recevez mes conseils de saison dans votre boîte mail

Parce que ce n'est pas facile de réussir son potager naturel à tous les coups, je prépare pour vous chaque semaine :
- un article pratique où je vous apprends une nouvelle technique de culture que vous pourrez appliquer chez vous,
- ou une vidéo qui vous montre ce qui pousse maintenant dans mon potager (y compris les ratages et les leçons à en tirer).
Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer ma lettre d'information.
Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement figurant au bas de mes emails.
Voir la politique de confidentialité.





